EyeLovya
le 03 mars 2017 (955 lectures)

   Stoner

Ah les déserts brûlants de Pologne... Pas d'erreur les gars, loin de là même, à moins d'une indulgence rare de ma part qui s'expliquerait par un long congé maladie du stoner sur mes platines ? Mais non, je suis à peu près sur que je suis bien en train d'écouter un vrai disque de vrai stoner, pas de booze rock à la con, qui déverse son lot de sensualité reptilienne et son taux de satisfaction de 99% à peu près maintenu sur la grosse demi-heure du disque.

L'imagerie est explicite dans la cinétique à attendre, et le premier riff ôte tout doute quant à la servitude intégrale aux Kyuss, sans pour autant n'être qu'un plagiat fadasse : Stonerror est moelleux, sa basse est moins démonstrative, le fuzz est restreint à son strict nécessaire, avec des notes bien rondes et croquantes très typées guitare jazz, ce qui rend la chose moins sauvage et moins poussiéreuse que la musique des idoles, mais encore plus chaleureuse et gourmande. Et même quand le nom de Kyuss devient trop prégnant - je pense au très bon The wolf, et son groove calqué sur Demon cleaner - un refrain suffit à supplanter cette influence là pour partir dans des mélodies orientées post-rock, soutenues par des aquarelles de guitare à la Billy Howerdel ou...je n'arrive pas à mettre le doigt dessus, peut-être à la Dave Navarro de jadis ? Il n'y a pas que les effets de guitare d'ailleurs qui font A perfect circle, le chant scolaire mais efficace s'éloigne parfois des enseignements du professeur Garcia par son timbre plutôt proche de celui de Maynard, une douceur de plus dans ce stoner, décidément la version bon gendre de Sky valley.

Après ces trois premiers titres qui sont des hommages plus ou moins assumés mais honnêtement réussis (bon, le charme cesse d'opérer quand le bassiste y va de son spoken word sur le vite passé Misbegotten), le groupe se laisse aller à un style plus personnel, amenant un peu de punk (façon de parler, une sorte de Offspring-Mitterand à la force tranquille quoi) sur God's guns, mais mieux encore un soleil et des couleurs d'Amérique du sud sur Los hermanos, The ride et Sierra morena, ce petit quelque chose de tourisme shamanique qui sent le crotale et qui rappelle l'EP d'Anywhere autant que, par association facile et faible mais aussi parce que vraiment, Los Natas.

Le dernier morceau s'emballe dans une deuxième partie qui ressemble, contrairement à ce que son titre toujours plus explicite laisserait penser, au peu que j'ai écouté de stoner par hasard ces dernières années, pas vraiment de riff, mais du plaisir coupable principalement pour le batteur et le bassiste qui s'en donnent à cœur joie, et du jam, du jam, et du jam avec plein d'effets space, psychédélique sur le papier, mais plutôt inoffensif et stérile au final, loin d'être interminable fort heureusement.  

Stonerror en trois mots : Kyuss, au, Prou


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