gulo gulo
le 18 novembre 2016 (985 lectures)

   Psyché Ambient New wave

Voodoo Dust, qu’ils appellent ça, hé ? Urfaust, toujours les fesses à l’air et fier avec ça, invente la new-wave qui fait headbanguer ; voire la new-wave qui s’endure en faisant farouchement le signe du marteau, sans pousser beaucoup... au moins au moins autant qu'elle s'écoute en se regardant béatement se dissoudre en bulles d'être.

Après, il y a tout le contexte, hommage au regretté Selim Lemouchi, reprise du morceau déjà stellaire et déliquescent (mais encore emprisonné dans le hard ainsi qu’en une chrysalide ?) qui achevait le premier mini-album de The Devil’s Blood, participation de la surnaturelle frangine sur une face B ambient comme Urfaust sait en faire de super, sans aucune ostentation ni effets de parvenus pour bien souligner un quelconque savoir-faire technique – merde, je viens vraiment d’écrire le mot « technique » dans une chronique d’Urfaust ? Faut voir comme, du reste, la face A est beaucoup plus sophistiquée que l’autre…

Tout cela certes ajoute en déchirante beauté à la chose… mais si peu, soyez-en sûr, tant la vessie (voilà, là on retrouve le champ lexical adéquat) est pleine à craquer déjà d’émotion, sous sa forme la plus débraillée et brûlante – brûlante comme le zéro absolu, bien entendu, puisqu’ Urfaust ici est déjà dans le vide intersidéral (entre les étoiles, ça veut dire, petits malins) sur lequel il s’épanchera davantage avec Empty Space Meditation.

A peine… ou presque ; disons délicatement, et donc à la perfection concernant entre autres un morceau, justement, d’ambient lui aussi parfaitement dans le, si l’on ose dire, vif du sujet avec son air de s’enfuir toujours un peu plus, ainsi qu’également le fait sans fin la voix de Farida parmi les râpeux murmures des chérubins du néant, telle une trace de poussière, de cendres peu à peu dispersées par le vent polaire, vers l’oubli bienfaisant de soi dans la réunification avec la cosmique, de poussière, à laquelle il appartient, n’oublions pas après tout que Lemouchi était un luciférien notoire, et quelle élégie funèbre splendide reçoit-il ici... – et avec la Grande Lumière dont les myriades de lucioles qui la constituent sont aussi bien l'aveugle légion qui la porte, enfin bref : on voit si la chose porte au sentiment mystique et religieux, et de façon effervescente encore, et si jamais funérailles, première classe ou pas, avaient été aussi enivrantes…

Ce qui, encore une fois, en dehors de toute contextualisation, appétence pour la grandiloquence et la destruction dans du coton, ou affection particulière pour The Devil’s Blood, s’explique à soi seul par : "Voodoo Dust", bon sang de bon soir, rien que ce carnage new-wave qui en occupe la face A, en trois pauvres notes de synthés grelottantes et stridulantes, et un croassement plus déchirant que jamais ce qui n'est pas peu dire, on parle d'Urfaust sapristi - et qui transperce l’hyper-espace d’une lenteur majestueuse à peine soutenable, puis d’un à peine plus hâtif et non moins enivrant trot d’hallali, invincible allegro ma non troppo, une explosion blanche qui n’en finit plus d’enfler, enfler, la tension et la torsion - l'entropie ? - ascendant toujours plus loin dans l’insoutenable…

On peut, en effet, parler de sublimation.

Voodoo Dust en trois mots : into, the, void


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs