SPIRITUS MORTIS - The Year Is One
2016 · Svart

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Derelictus
le 09 novembre 2016 (930 lectures)

   Traditional doom Heavy metal

Et si Spiritus Mortis était la surprise de l’année? Toutes proportions gardées, nous sommes bien d’accord, mais tout même. Il est évident que l’on vous a déjà fait le coup assez fréquemment dans ce registre du disque que l’on n’attendait plus, de la surprise inattendue et bienvenue, et pour tout dire, concernant les finlandais, l’annonce de la sortie de l’album a été assez surprenante dans la mesure où ils n’avaient pas été actifs depuis plus de six ans. Mais ici, cela se justifie amplement et ce quatrième album, en vingt neuf ans d’activité, est donc l’une des plus belles surprises en matière de doom traditionnel qu’il nous a été donné d’écouter depuis ce début de cette non auguste année civile. C’est même assez inespéré, d’une part, de retrouver le quintet avec une nouvelle livraison, mais, de surcroît avec une telle forme. Car, à bien des égards, c’est peut être la réalisation la plus aboutie qu’il a réalisé. Certes, ils y auront mis le temps nécessaire pour cela, mais en tout cas, ce n’est quasiment plus le même groupe que sur les deux premiers albums. En tout cas, il y a ici une créativité non bridée qui pourra, à certains égards, nous rappeler au bon souvenir d’un Carnival Bizarre, pour les plus nostalgiques du bon goût parmi nous, le groove en moins, mais c’est une évidence sur laquelle je n’insisterai pas.

Et si Spiritus Mortis avait enfin pris la mesure et toute la gravité du terme doom metal? On l’avait senti venir sur le précédent album, mais ici c’est confirmé, Spiritus Mortis est enfin devenu un groupe sérieux et qui ne s’amuse plus à revendiquer à quelques recoins qu’il est un groupe de metal, dans le sens velu et viril du terme. Et justement, il n’a guère besoin de tels étendards, car il le fait sciemment, avec une certaine classe en prime, appliquant à rappeler que le doom metal c’est avant toute chose un dérivé du heavy metal, et il y a moult passages ici qui vont nous le faire rappeler. Mais en même temps, jamais ce groupe n’aura été aussi sombre et menaçant, et jamais il n’aura autant sonné doom. C’est tout bête comme assertion, mais pourtant l’on a ici cinq disciples de la cause qui ont complètement assimilé leurs influences, et appliquent intelligemment la charte du bon groupe de doom, celui qui possède cette science du riff et de l’ambiance, et qui ne se réfugie pas derrière des artifices et autres cache misère. Il faut aussi souligner le très bon travail d’harmonisation, à l’ancienne ai-je envie de dire, de la paire de guitaristes, qui, sans tomber dans certains travers démonstratifs, parvient à donner toute cette atmosphère particulière à cette réalisation.

Et si Spiritus Mortis n’était rien sans son chanteur? C’est là aussi la question que l’on peut se poser même si ce serait un peu réducteur étant donné la cohésion d’ensemble. Car outre des compositions particulièrement bien troussées et contenant des idées vraiment intéressantes, et faisant preuve même d’une grande variété, il y a un homme qui domine tous les éléments et ce n’est autre que ce brave Sami Hynninen. Et là, c’est aussi la grande surprise de cet album, tant, pour être franc, j’ai eu du mal à le reconnaître dans un premier temps. S’il a délaissé un peu ses oripeaux du chasseur de sorcière, il a gagné pas mal en assurance et surtout en versatilité, et dans des tonalités plus hautes qu’habituellement. Je reste assez admiratif de ses prouesses vocales, ce d’autant plus qu’il affirme une personnalité réellement intéressante sur chaque titre, ce qui rend cet album encore plus captivant au fil des écoutes, voire même plus vénéneux, car tout ceci s’imprime étonnement assez rapidement dans votre mémoire. Il y a surtout une classe dans tout ceci, où le groupe évite l’écueil des titres un peu bovins comme autrefois, pour quelque chose de plus réfléchi et de bien plus soupesé, sans pour autant se départir d’une certaine puissance. Il y a tout ce qu’il faut pour séduire tout amateur de ce style qui se respecte et il y a même là un petit tour de force qui mérite amplement le respect. 

The Year Is One en trois mots : vigoureux, inquitant, inventif


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