Derelictus
le 06 novembre 2016 (889 lectures)

   Traditional doom Stoner

Matt Pike, Al Cisneros et Chris Hakius vouaient dès leur plus jeune âge un culte à Black Sabbath, c’est indéniable, mais il faut parfois le rappeler, et ils continuent de donner des signes dans ce sens. Comme beaucoup d’autres musiciens vous allez me dire, et nombreux sont ceux que l’on retrouve dans ces pages, et, en ces débuts des années quatre vingt dix, ils partageaient cet amour avec leurs futurs collègues de labels que seront Cathedral. Jusqu’ici rien de tellement nouveau à se mettre sous la dent, mais en cette époque de redécouverte des années soixante dix, qui a aussi été un des éléments de cette période, l’on peut sans doute voir en Sleep, l’entité qui, à leur manière, aura poussé le concept le plus loin.

Il suffit déjà de jeter un œil sur cette pochette, qui reprend celle du Vol.4 de Black Sabbath, pour s’en rendre rapidement compte, et, limite, c’est même ce qui rend cet objet bien classe, en plus de proposer une reprise on ne peut plus fidèle de Lord of this World. Même les seuls remerciements de ce disque sont adressés à Iommi et compagnie. L’objet n’est pas tout, il y a avant tout la musique et cette grosse douzaine de minutes avait de quoi séduire et surtout annonçait bien le monument qui allait sortir dans quelques mois. L’on se rend compte effectivement qu’il y a une grosse progression par rapport à Volume 1 et que le trio lâche finalement la bride et se laisse aller dans de belles sessions de jams à l’intérieur des titres, finissant par la même occasion sa mue en voguant désormais vers des horizons stoner. D’ailleurs les deux compositions originales, que l’on retrouvera ultérieurement sur Holy Mountain, sont légèrement différentes, avec des singularités sensibles et délectables, et un rendu encore plus âpre que sur ledit album.

Mais ce qui rend appréciable cette réalisation, c’est qu’elle permet de s’apercevoir que le trio a sans doute le mieux synthétisé l’esprit de Black Sabbath, et cela se ressent pleinement dans leur manière de jouer. A titre d’exemple, en tant que bassiste travaillant en ce moment des morceaux de ce groupe, je reste particulièrement admiratif du jeu d’Al Cisneros, qui est l’un des deux fils spirituels de Geezer Butler, - le second étant Scott Reeder -, et qui inonde chaque titre de lignes de basses toutes plus géniales les unes que les autres. Cependant, ses deux acolytes ne sont pas du toute en reste, loin s’en faut, et il y a une cohésion d’ensemble qui force le respect et qui rend l’écoute tout bonnement jouissive. Ce sont sans doute les musiciens qui avaient le mieux compris l’essence du quatuor de Birmingham et cela ressent dans ce feeling et dans ce groove, et, ainsi, dans cet éternel hommage qu’ils ont sans doute voulu rendre. Cela rend ce deuxième volume de Sleep une belle pierre à apporter à l’édifice de cette formation culte, n’y allons pas par quatre chemins.

Volume 2 en trois mots : groovy, enfum, idoltre


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Avis des auteurs

 
Excellent
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