MONOLORD - Lord of Suffering
2016 · Riding Easy

Détails

Derelictus
le 29 octobre 2016 (815 lectures)

   Traditional doom Stoner

L’amicale suédoise de la fuzz est déjà de retour après un Vaenir qui aura démontré des progrès flagrants, et cette amicale a décidé de jouer un peu le jeu de l’underground, en sortant un dix pouces, histoire de faire patienter sa horde de fans croissante. Ce qu’il y a de bien avec cette alternance entre albums et mini, c’est qu’elle nous permet de voir à quel point cette jeune formation, - elle n’a que trois ans rappelons-le au passage -, franchit des paliers, petit à petit. Et sur ces deux titres, Monolord nous fait montre d’une certaine maîtrise de ses deux facettes, avec toujours à la clef cette grosse production bien ample et bien grasse comme il faut, et qui a fait la réputation de la formation. La première, celle qui leur donne le plus de quolibets, est évidemment cette influence prononcée d’un Electric Wizard, voire même adoration, et qui s’affiche pas mal sur un titre comme Die in Haze, notamment au niveau du chant et dans cette nonchalance lysergique du titre.

Pour autant, et c’est sans doute l’intérêt d’un tel format, qui pousse plus à la concision du propos, le trio garde un impact assez conséquent sur des titres qui ne s’étirent pas trop longtemps. Je trouve même que le format aux alentours des six minutes leur va très bien. Evidemment, ça peut laisser sur sa faim, mais en même temps, l’attention de l’auditeur ne s’effiloche pas aux grès de minutes de répétitions des mêmes thèmes, car dans ce registre, ce n’est souvent pas évident de réellement s’en sortir avec les honneurs, et c’est souvent les fills et patterns d’un excellent batteur qui permettent de sortir de la mélasse, - pour faire simple, n’est pas Mark Greening qui veut. Je conviens que c’est assez paradoxal de louer des qualités de concisions des compositions pour un tel genre, mais en même temps, chez Monolord cela rend la chose bien plus plaisante.

Surtout, et c’est cela que l’on gardera à l’esprit, c’est qu’en plus d’un mur de guitares et de basse noyées sous une triple épaisseur de fuzz, il y a ici un côté bovin et plus rentre dedans, deux éléments rendant l’ensemble bien plus intéressant. Ce n’est sans doute pas anodin si le trio singe désormais le logo d’Entombed pour leur merchandising, car, mine de rien, il y a un peu de cette fougue et cet esprit rock’n roll brulant, que l’on avait sur un Uprising, la vitesse d’exécution en moins, évidemment. A l’instar du dernier Witchthroat Serpent, j’y trouve enfin une personnalité qui commence à se déployer, en lieu et place d’un certain opportunisme musical, notamment dans ce côté volontiers plus tapageur et plus incisif. Evidemment, cette réalisation ne changera sans doute pas la donne quant à l’appréciation de cette formation, mais elle demeure plaisante, en attendant la suite.

Lord of Suffering en trois mots : fuzzy, burn, grassouillet


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