Derelictus
le 10 septembre 2016 (695 lectures)

   Doom death Freak doom Black metal

L’ultra sick doom metal comme on l’aime, et surtout comme on aimait en faire durant la seconde partie des années deux mille. Évidemment, aborder ce genre sans citer les copains de Funeralium, ce serait quelque peu tricher, mais ils ne sont pas les seuls dans leur royaume de torture sonore et de béatitude dans tout ce qui a trait au côté malsain de la chose. Leurs collègues de Abysmal Darkening ont eux aussi franchi ce côté obscur et méphitique dont on ne revient pas forcément indemne, c’est autre voie qui est semée d’embuches et d’automutilation, de décrépitude et de déversements lacrymaux. Il faut dire que certains des membres du quintet ne sont pas à leur premier essai en matière de torture sonore, puisqu’ils étaient présents aux débuts de Bunkur, autre sommité du bon ou du mauvais goût, mais ça c’est selon les jours et les albums.

Donc, Abysmal Darkening s’était fait remarquer il y a une dizaine d’années avec cette démo, qui montre déjà tout un savoir faire dans ce registre ô combien particulier. Le va et vient incessant entre motifs doom metal et black metal n’est aucunement bancal et fait même la différence avec les franciliens. Ici, l’on ne cherche pas à directement vous assommer par des riffs plus plombés les uns que les autres. Non, le travail de sape se fait de manière plus pernicieuse. Il y a moins du sadisme qu’une forme de désespoir, comme si toute colère ne pouvait finalement purger toute cette haine contre l’humanité, qu’il était vain de se révolter, adoptant ainsi la figure d’un Sisyphe qui se fait molester par cette fameuse pierre. L’on a évidemment bien travaillé son manuel du je-suis-plus-torturé-que-les-autres en s’imprégnant des vieux Bethlehem, - sauf qu’en guise de cocaïne, c’est plus le côté mauvaise descente de weed que l’on a là -, Deinonychus – sans les affres de mauvais goût du père Kehren -, Silencer et, en allant même plus loin, les complaintes de Louis Cachet – Varg Vikernes en version originale –, avec un petit côté que n’aurait pas renié Tom G Warrior sur le fameux titre Triumph of Death de Hellhammer. Effectivement, ça ne rigole pas, et le chant halluciné et déchirant de LUDAS fait évidemment son effet. C’est même ce côté dominant par rapport à la musique qui imprime encore plus cet effet putride à l’ensemble. Ça dégouline évidemment de partout, ça hurle comme un désespéré, sans avoir lu Bloy, et ça se complait dans ses larmes sans la moindre honte. Il faut dire que derrière, ça reste stoïque, il n’y a pas de grande folie derrière tout ça, juste un rouleau compresseur qui avance lentement mais qui n’en est pas moins déterminé à faire rompre tout dernier sursaut d’espoir.

Tout ceci fonctionne très bien, encore et toujours, le premier titre étant assez remarquable pour rester imprimé dans votre cortex cérébral pendant des années, avec ses riffs assez simples, mais bien pensés. Passée la hype de ce style, il demeure tout de même un premier enregistrement bien efficace et non dénoué de qualités, qui fait toujours son petit effet et ne prête pas à sourire comme c’est le cas pour d’autres réalisations dans ce registre et dont l’humanité dont je puis faire preuve par moment me fera taire les noms.

Abysmal Darkening en trois mots : pourri, de, partout


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