gulo gulo
le 29 août 2016 (662 lectures)

   Psyché Ambient Goa

Brian Daniloski, je ne sais pas si vous le saviez déjà, est aujourd'hui prof de yoga. Je dis cela parce que, même pour qui (vous avez deviné : ça rime avec bibi) a vaguement suivi, avec une logique tendresse, les débuts de Darsombra (qu'il a perdu de vue depuis deux disques déjà), la teneur et la tonalité de Polyvision ont de quoi désarçonner un brin ; certainement pas pour dénoter une quelconque désapprobation, au fatalisme condescendant fait de "ah ben, hein, n'est-ce pas ? pour survivre, il a bien fallu qu'il se calme, qu'il trouve un vrai boulot, et se projette dans l'optique chien-monospace-quinoa" - d'ailleurs qui le sait, quel métier il exerçait à l'époque de Meatjack ou Stranger than Fiction ?

Non, pour sûr, notre bien-aimé Brian ne s'est pas calmé, d'ailleurs qui a vu son sourire récemment ne l'a certainement pas trouvé moins allumé qu'il ne l'imaginait à l'écoute de Days of Fire, lequel de son côté était tout sauf un disque de masochiste et de torturé de la vie, plutôt celui d'un appétit rabelaisien (incarné dans un ogresque sourire de mêmes proportions) du cosmos et de tout ce qui lui grouille sous l'épiderme - au cosmos, oui. De ce point de vue-là d'ailleurs, rien n'a changé, sinon une joie encore plus manifeste à nager au milieu des bancs de couleurs du chant des étoiles en liesse ; de ce point de vue-là, Polyvision est au moins autant une improbable traduction de Days of Fire en une étrange langue techno-ambient jouée à la guitare, que cette sorte d'anté-Sink qui vous invite avec une impossible bonté à le suivre dans un espace dont les dominantes ocres, pêche et orangées vous nourrissent l'âme aussi bien qu'elles la désaltèrent.

Polyvision vous rend totalement poreux à l'univers, vous emplit de son fourmillement, ne conservant de vous que l'épiderme parce que l'épiderme c'est bath, que ça permet de fourmiller dessus et dessous ce qui est une base du plaisir, et que Polyvision est à la fois le plaisir et sa soif inextinguible, proposant des deux une expansion exponentielle sans jamais l'indélicatesse d'une explosion. Polvision fait de vous le rivage immense et les vagues qui le lèchent ; ou, en un mot, l'univers.

Trans-apocalyptic galaxy rock, appellent-ils cela. Et qu'on y songe deux secondes : c'est une évidence ; c'est tellement mieux, trans-apocalyptique.

Polyvision en trois mots : mer, des, mes


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Avis des auteurs

Excellent
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