ANAPHYLACTIC SHOCK - Two Thousand Years
2008 · Hypertension

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gulo gulo
le 21 août 2016 (605 lectures)

   Sludgecore Post hardcore Black metal

Anaphylactic Shock, j'ai jamais compris et je ne sais pas si je comprendrai un jour. D'une certaine manière c'est un peu, dans mon esprit, l'annonce de l'ouverture officielle de l'ère du grand gloubi-boulga no holds barred. Anaphylactic Shock c'est n'importe quoi : à l'époque où je l'ai acheté je crois que ce disque me faisait penser à Thou, probablement à cause de la voix black ridiculement gargouillax, et de la recette vaguement semblable dans le genre hardcore cajun crème-au-beurre avec glaçage royal de sludge lyrique.

Aujourd'hui que je le ressors, je pense plutôt à Unearthly Trance - j'avais oublié le côté hardcore bien plus prononcé que chez Thou, dans leur sludge - mais toujours fortement teinté - estomacs fragiles : deux traits, sécurité -  d'une grandiloquence black metal propre à interloquer, dont les références les plus proches seraient à chercher chez Satyricon, pour vous dire, ou peut-être même chez leur faux-jumeau moins ahurissant de vanité vertigineuse, et plus réjouissant, à savoir Khold.

Du coup, Khold et Unearthly Trance : mathématiquement, si jamais le verbe était chose mathématique (spoil de l'année : ce n'est pas le cas), Anaphylactic Shock devrait être un groupe génial, dans la catégorie "hautement improbable", "cascades invraisemblable sans casque", "baroque surréel" et toutes ces sortes de choses ; mais non : ils réussissent à accomplir la chose sans dégager un instant de folie, et en sonnant tout a plus, au registre de la difformité flamboyante, comme une version peut-être un brin plus emo-barbue (on n'est pas très loin du Red Horse d'Early Graves, comme ça au débotté) de choses ridiculement heavy et fulminantes cataloguées post-post type Coffinworm.

Et donc, au -delà des constations de surface sur lesquelles on pourrait dégoiser des heures pour peu qu'on soit un tantinet bavard - et qu'on clôturera en décrivant l'album comme un trappeur en veste de peau d'ours titubant les dents pissant le sang au milieu d'une bagarre de saloon de l'Ouest Sauvage - ce qu'il y a à retenir du disque c'est surtout cette faculté unique à constituer une aberration totale du réel (pour déjà se dédire des promesses de sobriété toute juste faites, on pourrait presque parler de rencontre entre Arkangel, ou Length of Time, et Planes Mistaken for Stars sur le permafrost désolé, par endroits, ma parole) dessinée dans les contours d'une réalité parfaitement générique et d'un pur symptôme de son temps. Peut-être est-ce dû à ce qu'ils jouent une musique totalement américaine, et ne le sont pas pour un sou ; ou bien est-ce, ainsi qu'après tout le titre peut sembler le suggérer, le bug de l'an 2000.

Du coup, c'est décidé, non seulement je le garde, avec une pensée humide de gratitude pour tous ceux qui ne me l'ont pas acheté au long des années, mais je pense que je vais le ranger à côté du disque de Pharaoh, tiens.

Two Thousand Years en trois mots : specimen, de, collectionneur


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