WARNING - The Demo Tapes
2011 · Svart

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Derelictus
le 15 août 2016 (664 lectures)

   Traditional doom

Qu’il est difficile de reconnaître le groupe qui a sorti Watching From a Distance de celui présenté ici. Il faut dire, pour être honnête, que dix années séparent ces deux enregistrements, mais il y a quasiment un fossé stylistique entre les deux,-  enfin pas tout à fait, bien évidemment. Mais même entre ces démos et The Strength to Dream, il y a quasiment un monde qui les sépare. En un mot comme en cent: si vous voulez avoir votre dose de spleen et de larmoiements comme sur les albums cités précédemment, passez votre chemin, il n’en est aucunement question ici.

Assurément, il est bien question de doom metal ici, de celui qui s’inscrit dans cette obédience sabbathienne, où les riffs Iommesques sont légions. Et il faut dire que l’on retrouve tout de même déjà une constante du Warning ultérieur: c’est cette propension à proposer des riffs bien plombés et ne se permettant que très rarement des accélérations. Pour ce qui est du travail mélodique et donc de cette coloration aussi terne qu’un dimanche pluvieux, l’on restera sur sa faim, là n’était pas le propos de Patrick Walker et de ses acolytes. Même si, de temps à autres, l’ont sent tout de même poindre ce qui allait être la patte de ce groupe, notamment dans le riffing du guitariste et dans l’âpreté de son jeu, sans fioritures et sans grandiloquences. Ici l’on navigue plutôt entre saturnisme et dévotion aux Grand Anciens, tant musicalement qu’au niveau des textes. A tel point que si comparaison il devait y avoir avec des groupes contemporains, c’est plus vers l’Electric Wizard du premier album qu’il faudrait aller chercher. C’est même assez flagrant comment cette première émanation de Warning s’inscrit tout à fait dans ce classicisme.

Il faut plutôt considérer cette époque comme celle d’un groupe tout autre, et qui, dans ce registre, se défendait plutôt bien dans ce type de doom metal ancestral, mais qui en même temps se cherchait aussi. Et là, dans ce domaine, c’est le chant de Patrick Walker qui ne pardonne pas. J’ai beau être un grand fan de son chant sur les deux albums du groupe et chez 40 Watt Sun, mais là il est quasiment méconnaissable, dans un registre plus bas dans les tonalités et quasiment plus braillard, notamment sur la seconde démo, que l’on a du mal à se dire que c’est le même qui allait être capable, peu de temps après, à émailler chaque titre de ses lignes vocales poignantes. Après ça ne dénote pas trop de l’ensemble et ça s’accord bien aux textes assez impersonnels par rapport à ce qu’il fera ensuite. A tel point que pour le chanteur guitariste, ces enregistrements demeurent assez anecdotiques voire, à la limite, gênants, si l’on suit bien les notes insérées dans le livret de cette édition. Au moins avons-nous ici le témoignage d’une époque révolue où faire ce type de musique tenait bien plus du sacerdoce que de la hype, mais qui en même temps possède en soi ce petit côté gênant, comme ces photos de classes de ses années collège, avec ces goûts douteux tant vestimentaires que capillaires.

The Demo Tapes en trois mots : vilain, petit, canard


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