Derelictus
le 14 août 2016 (841 lectures)

   Traditional doom

Spiritus Mortis, c’est l’archétype du groupe sympathique et débonnaire, qui prête un peu à sourire tant il affiche une décontraction à toute épreuve. En fait, c’est un peu comme ce gars marrant que tu croises souvent en soirée et qui n’est pas le dernier à faire l’amuseur de service, mais que, il faut être honnête, tu es un peu gêné de croiser hors contexte festif. C’est un peu ça chez ces finlandais qui ne se prennent aucunement au sérieux sur l’entièreté de cette réalisation. C’est même assez fou de se dire que ce groupe, et par extension cet album, aura sans doute gâché un capital sympathie de ma part, engoncé que j’étais dans certains a priori dus à ce côté fortement décontracté, et aussi à une suite discographique plus alléchante de mon point de vue, - en raison notamment d’un salvateur changement de vocaliste.

Il faut dire que Spiritus Mortis c’est avant toute chose un groupe de doom metal sans prise de tête, qui est capable de t’aligner des titres assez plombés, d’autres plus groovy comme on savait le faire dans les années quatre vingt dix, et de te glisser une bonne accélération toute bovine sans coup férir, mais pas trop longtemps, parce qu’il ne faudrait pas non plus que le batteur commence à transpirer. D’ailleurs, le titre le plus long de ce disque n’excède à peine les cinq minutes, ce qui est assez révélateur de ce côté assez désinvolte et du côté efficace recherché par les musiciens. Ils se prennent même souvent au jeu des claviers façon seventies, la grosse nouveauté par rapport au premier album, donnant une touche encore plus anachronique à l’ensemble. Mais il sait se faire un peu plus menaçant de temps à autres, rappelant parfois The Lamp of Thoth, groupe avec lequel il est sans doute le plus proche dans l’esprit bovin et intégriste de la cause.

Surtout, les musiciens de Spiritus Mortis aiment le heavy metal, et nous le rappellent allègrement sur ces douze titres, car cela reste assez velu, et en même temps avec toutes cette beaufitude que tu t’attends d’un festival de metal de l’autre côté du Rhin. Mais en même temps, c’est aussi ça qui fait la magie de ce quintet, c’est qu’il conserve en plus de ce groove assez prenant, une assise purement métallique qui te fera remuer la tête, tout en secouant ta bière tiède ou ton verre de gin tonic. A ce propos, c’est souvent fait avec la même finesse caractéristique d’un Manowar en grande forme, se pourfendant même d’une ballade finale, au titre ô combien significatif, comme ils l’avaient fait sur leur premier album. Evidemment, ce n’est pas l’album du siècle, mais dans le genre vidage de cervelles et remplissage du cahier des charges d’une certaine philosophie du metal, cet album remplit bien son contrat.

Fallen en trois mots : vestes, , patches


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