WITCHCRAFT - The Alchemist
2007 · Rise Above

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Derelictus
le 08 août 2016 (730 lectures)

   Hard "70s Progressif Folk

La troisième livrée de la première mouture de Witchcraft aura de quoi exaspérer, notamment celles et ceux qui se seront délectés du premier album. En effet, passé l’effet de surprise, ou bien plutôt d’un soufflet qui sera d’ailleurs rapidement redescendu dès Firewood, - en dépit de ses qualités intrinsèques -, l’on peut se demander ce que peut apporter cette œuvre. Et c’est bien cela que l’on pourrait reprocher à Magnus Pelander, c’est qu’il fallait outrepasser le simple attribut de groupe hommage, c’est à dire de la première ère de Pentagram, car au final, c’est bien de cela qu’il s’agissait auparavant. Ce serait mentir que de ne pas dire qu’il est encore question de tout ceci sur The Alchemist. Le grain de son, le côté primesautier de ce heavy rock tout aussi rétro que les fringues portées par les musiciens et la pochette ici présentée, tout nous rappellera que nous évoluons dans un territoire ô combien confinée.

Pour autant, nous sommes assez loin de la déconvenue à laquelle l’on aurait pu s’attendre. Car oui, Magnus Pelander et compagnie ont su un petit peu renouveler leur propos. Enfin, cela étant dit, lorsque je dis renouveler, il faut plutôt l’entendre comme un retour encore plus en arrière dans leurs pérégrinations musicales, nous renvoyant évidemment à la fin des sixties et aux débuts des seventies. Ça sent évidemment la naphtaline et le patchouli, et le port de la moustache est de circonstance, enfin, c’est comme cela que je l’imagine. Pour autant, les suédois s’ouvrent vers d’autres horizons, un peu plus folk, avec pas mal de passages aux acoustiques, et vers quelques choses de plus progressif, avec en ligne de mire Jethro Tull. L’on retrouve ainsi pas mal d’éléments, adjoints adroitement et avec une certaine retenue, qui viennent agrémenter leur musique et leur permettent d’éviter l’écueil du surplace. Il va sans dire que le morceau titre se tire la part du lion de toutes ces énumérations, avec ce long cheminement d’une dizaine de minutes, qui en fait quasiment un conte musical, emprunt d’un peu de mysticisme.

Pour le reste, l’on ne peut nier qu’il y a tout de même ici une qualité d’écriture assez flagrante, puisque l’on se retrouve avec des compositions particulièrement bien écrites, avec toujours ces petites idées qui les rendent assez entêtantes, le tube "If Crimson was your colour" étant sans équivoque dans cette catégorie de tube qui reste rapidement gravé dans la tête. Il y a évidemment cette aisance et ce côté primesautier dans cette musique, qui, si elle reste toute proprette et toute mignonne dans une large mesure, a tout de même plus que quelques charmes, et le timbre de Magnus Pelander n’y est pas étranger, pour ne pas nous laisser sur notre faim. Dans tous les cas, et à titre rétrospectif, ce fut plutôt une bonne idée que l’incontesté leader fasse le ménage et passe un peu à autre chose par la suite, ce qui ferait presque de The Alchemist la fin d’une très belle trilogie.

The Alchemist en trois mots : rayonnant, vernal, fossilis


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