Derelictus
le 03 juillet 2016 (711 lectures)

Errer en solitaire dans ces rues crades et humides, ô ville tant aimée, que tu es parfois hostile envers tes citadins, avec cette pluie qui vous colle les cheveux contre la figure, avec cette grisaille sans fin et avec ces individus hautains tournés sur eux mêmes. Le regard est vide et lointain pour ne pas croiser ceux des autres, avec tous leurs jugements mesquins, avec toutes leurs haines viscérales et toutes leurs idées préconçues. Et il devient plus aisé de ne pas s'esquiver de cette solitude protectrice et de ne pas sortir de cette zone de confort, même si cela signifie de demeurer pour toujours un paria, un être humaine de seconde zone. Ce monde est si souvent cruel que c’est seul qu’il faut l’affronter, avec ses peurs, avec ses craintes, avec ses échecs et avec ses angoisses. Il y a cette boule au ventre qui ne veut pas partir, qui reste constamment là, qui se fait de plus en plus insistante, qui consume, petit à petit, tout espoir en l’être humain et qui étouffe, au fur et à mesure, mais avec plus d’insistance, toute envie de continuer à se battre. L’abandon comme seul bras protecteur et qui restera la seule constante de cette vie. On la traine cette existence comme un fardeau, condamné comme Sisyphe à recommencer éternellement cette course et n’y trouver aucune finitude, à part celle de se dire que tout ceci n’est qu’absurdité. Il y a évidemment des moments de colères, où ces soubresauts vous sortent de cette torpeur dans laquelle l’on doit demeurer, à jamais, enfermé, car il ne faut jamais sortir du moule dans lequel l’on vous a confiné. Mais malgré tout, cette ire ne demande qu’à exploser, car elle ne pourra pas demeurer contenue, ni même canalisée. Elle sourde continuellement dans ces chemins de traverses tortueux et boueux, et aussi frêles puissent être ces flots de rage, ils ne demandent qu’à grossir et à devenir ces flots impétueux et inarrêtables, qui déverseront sans fin, dans un dernier élan de désespoir, toute cette rancœur et toute cette amertume à ce monde qui nous a toujours rejeté.  

Mothra en trois mots : camaeu, de, gris


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