MIRRORS FOR PSYCHIC WARFARE - Mirrors for Psychic Warfare
2016 · Neurot

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gulo gulo
le 21 avril 2016 (939 lectures)

   Post hardcore Industriel Ambient

On pense à toutes sortes de choses en écoutant Mirrors For Psychic Warfare ; des choses qui ont engendré Neurosis - la musique de Justin Broadrick dans sa globalité, diverses parties en vrac de celle de Swans - des choses que Neurosis a engendrées - Unearthly Trance, les disques solos des frères barbouze, Circle of Animals, Minsk, la musique de Sanford Parker en général, de Bruce Lamont, le premier Corrections House... Cette fois, au registre de ceux qui ont l'extrême et humble serviabilité de servir de corps et esprit d'appoint à Scott Kelly pour les besoins de ses projets musicaux, Lamont n'est pas présent, Parker si... il vaut mieux le savoir : on l'imaginerait volontiers derrière certaines idées et un certain fond de l'air, le premier. Arrivera un moment, il faudra bien trouver un nom pour cette musique-là, qui fait un peu plus que commencer, depuis un temps certain mais de façon de plus en plus ouverte au grand jour, à exister : quelque chose genre neurot-musique, puisqu'elle est née, en somme, avec un certain Silver Blood Transmissions, et la maison d'édition qui s'est montée à l'origine pour le sortir et... eh bien, publier la neurot-music, quelle qu'elle pût être et aussi partagée qu'elle puisse être appelée à se révéler ; et pour bien la distinguer du neuro-metal, qui est tout ce que, malentendu ou ce qu'on voudra, Neurosis a fait comme dégâts dans le metal.

Mirrors for Psychic Warfare joue de la neurot-musique sans complexe - pas le genre du double post-nucléaire de Richie McCaw, les complexes - et affranchie de tout enclos temporel comme elle l'est des stylistiques ; les riffs (ou les simples accords) sont caractéristiques et les rythmes tribaux de même, suffisant à eux seuls à en faire cette appropriation et cet idiome à part entière, plutôt que satellite de quelque chose que Broadrick a fait tant de fois mais peuplé de ses propres chimères ; le ton est reconnaissable également, il est au chamanisme, à la quête fervente mais sans illusion de la paix qui tombe des étoiles ; le reste est libre entièrement, tout dans les suggestions de lourdeur d'une batterie toute en caresses, et dans les mirages qui irisent la nuit - et dans le même temps en découle de la plus limpide des manières ; de ce point de vue, plus encore que tout album de Neurosis ou d'une des barbes en solo, l'album de Mirrors For Psychic Warfare est un disque où Scott Kelly atteint à l'animal qu'il aspire à retrouver au fond de lui. La liberté de l'état sauvage, et la sérénité des instincts millénaires invincibles qui le meuvent. La sensation d'harmonie avec l'univers, les éléments, l'immensité de la nuit étoilée dans l'Amérique d'avant Colomb, ce qu'on voudra - a rarement été traduite de façon aussi nature, liquide, sereine et, toutes choses étant relatives par ailleurs, sans roulement d'yeux terribles inutilement ; et là-dessus, l'album de Mirrors For Psychic Warfare n'est que la continuité logique des trois derniers disques de Neurosis et des derniers albums respectifs de Kelly et Von Till ; un état des lieux de la neurot-musique, à l'âge de ses parents, comme une manière d'illbient forestier, quoique les synapses irréversiblement corrodées par la pollution galopante, aussi ample et liquide qu'une expérience de psilocybine, de soul industrielle cinématique et languide si vous préférez (avouez que "languide" dans un article sur Scott Kelly, vous l'avez pas vu venir), ou encore une sorte de version ambient et solitaire de Neurosis pour hurler avec l'écho lointain des loups-esprits qui hantent la matrice, ou la toundra irradiée ; aussi accablant de caractère fatidique et immuable que le ressac, et aussi simplement majestueux et envoûtant.

Mirrors for Psychic Warfare en trois mots : naturiste, languissant, boral


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