gulo gulo
le 19 avril 2016 (965 lectures)

   Drone doom Atmospheric doom

La musique de Colin H. Van Eeckhout en solo possède la même caractéristique qui, à mes yeux, fait tout le prix de celle d'Amenra, pour référencée et sous influence qu'elle soit - qui même, pour être exact, sublime précisément son côté profondément révérencieux envers ses modèles, et sa plate application bornée : cet inimitable désespoir linéaire.

Tout dans Rasa, de la platitude sans espoir susdite à la limpidité mercurielle du rendu sonore en passant par la voix du Monsieur, à l'égal des moments les plus amorphes, frigidaires et post-mortem de Lisa Gerrard en solo, concourt à faire de l'album une marée montante vespérale, une mer d'huile - noire bien entendu - qui vague molle après vague molle sur vague molle vient vous lécher le rivage de l'âme de son amertume salée et enivrante comme le goût d'une pauvre larme solitaire, monte, monte, vous ramollissant aussi sûrement qu'un talus de sable au contour déjà évanescent, puis redescend, aussi apathiquement qu'elle est venue, se retire, sans espoir ni rien demander, sans faire de bruit ni de mélodrame, vous laissant délicieusement vidé, plus lavé encore de tout que vous ne pouviez pourtant déjà l'être pour avoir envie d'écouter un disque affilié à Amenra.

Ça ressemble dit comme ça à une réclame pour du parfum pour homme ou à un documentaire écologiste - et probablement est-ce en partie le cas, on a bien dit Lisa Gerrard après tout - ça se déroule comme une chose la plus simpliste du monde, et pourtant c'est absolument fatal de beauté, comme l'enfance de l'art.

Rasa en trois mots : soyeux, androgyne, dsarmant


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