PENTAGRAM - Show 'Em How
2004 · Black Widow

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Derelictus
le 29 mars 2016 (814 lectures)

   Traditional doom Hard "70s

L’inconstance de Bobby Liebling, aussi sympathique et frapadingue qu’il puisse être, aura sans doute bien plus écorné l’image de Pentagram que toute autre chose. Car au final, que reste-t-il de probant et de génial de la part de ce groupe, si ce n’est ses deux premiers albums qui, en règle générale, font le consensus. Passés ces deux classiques, il y aura toujours un peu de débat pour la suite discographique, dont les qualités auront, entre autres, toujours été dépendantes de la régularité du line-up entourant Liebling. Pour ce Show ‘Em How, il nous a une nouvelle fois fait le coup du grand ménage, s’entourant ici des musiciens de Internal Void, et d’un certain Mike Smail, dont le curriculum vitae en matière de doom n’est plus à débattre.

C’est bien de s’entourer de bons musiciens, c’est mieux de faire de la bonne musique. Car c’est bien ici que le bât blesse, même si, de temps à autres, on y croit encore un peu. Ou bien, on veut se persuader qu’on puisse y croire encore un instant. Surtout, et l’on ne pourra occulter cela, ce disque fait suite à la sortie de la première compilation First Daze Here, qui avait exhumé une collection de titres des années soixante dix du groupe. Une compilation de qualité et dont le succès a sans doute encouragé Bobby Liebling à poursuivre dans cette voix. C’est ainsi que l’on se trouve sur une bonne moitié de cet album avec des réenregistrements de quelques uns de ces titres, avec un son plus moderne, même si ce n’est pas la première fois que Pentagram procède de la sorte. Pourtant, l’on a bien le sentiment de s’être bien fait avoir sur la marchandise, avec ce soudain retour en arrière qui n’a rien de vraiment très naturel. Même si la production et sa plastique parfaite pour ce genre de musique cadrent complètement à ce genre.

Mais voilà, cela sonne assez surfait, et lorsque je pense à Pentagram, je le préfère quand il se fait menaçant, lourd et bien plus obscur, c’est à dire plutôt dans sa version cuir et moustaches que dans celle jeans à patte d’éléphants. C’est sans doute mon petit cœur de métalleux qui me fait raisonner de la sorte mais c’est malheureusement dans cette seconde obédience que naviguent Bobby et consorts, et ses relents heavy/hard rock m’insupportent pas mal, ce, d’autant plus, que de jeunes pousses, notamment suédoises, faisaient largement mieux au moment où est sorti cet album. De toutes manières, les versions originales que l’on trouve dans les compilations sont supérieures à ce que l’on trouve ici. Bobby a beau en faire des caisses, se donner à fond, jouer au crooner maudit, rien n’y fait: l’on n’y croit pas un seul instant à tout cela. Et au final, c’est presque avec une certaine gêne que l’on s’enquille ces dix titres en se disant que, finalement, c’était tellement mieux avant. C’est même avec ce genre de disque que Liebling a sans doute tué une légende et que Pentagram n’aura finalement jamais le même statut d’intouchable d’un Saint Vitus ou d’un Trouble.

Show 'Em How en trois mots : fonds, de, tiroirs


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