MONOLORD - Vaenir
2015 · Riding Easy

Détails

Derelictus
le 28 mars 2016 (1082 lectures)

   Traditional doom Stoner Psyché

Vous reprendrez bien votre dose de fuzz? Une bonne petite décoction de stoner doom aux effluves lysergiques et avec une voix noyée dans de la réverbération, ça ne vous tente pas? Allez, juste un petit par-dessus, vite fait bien fait, comme ça, sans prétention? Avouez que c’est fort original en ce moment ce type de groupes qui ressemblent, à s’y méprendre, à Electric Wizard. Le nom est lâché, sans coup férir, mais il faut avouer que c’est évidemment la comparaison qui vient à l’esprit d’un vieux con comme moi à l’écoute de ce trio suédois, - quel hasard déjà que ce soit un trio -, qui a du énormément écouter le triptyque Come My Fanatics, Dopethrone et Let Us Prey.

L’on ne va pas faire non plus de dessin, c’est presque du pareil au même que sur ces trois disques, avec cependant une certaine froideur en plus, paste and cute comme ils disent de l’autre côté de la Manche, et c’est tout le reproche que l’on pouvait faire au premier album du trio, qui combinait un manque d’originalité à un gros manque d’inspiration. A priori, les suédois ont sans doute pris conscience de ces défauts et ont retravaillé leurs copies. Enfin quand je dis retravailler, c’est vite dit, disons qu’ils on seulement remis au propre leur brouillon et ont éliminé quelques scories bien gênantes. L’on repassera pour la révolution stylistique, et l’on navigue donc toujours dans ce style ultra balisé depuis une bonne quinzaine d’années.

Sauf qu’à bien y regarder, et si on fait fi du cruel manque d’originalité, et bien l’on se rend compte que l’on donne bien plus de rotations à ce disque, qu’à d’autres clones du même tenant, et ceci, avec un certain plaisir. Il faut dire que les charmes de cette production bien poussiéreuse comme on peut forcément s’y attendre avec ce style, avec un son de basse bien charpenté comme il faut, font tout de suite la différence. Nous sommes d’accord, les riffs sont du prémâchés, du déjà entendus mille et une fois depuis ces quatre/ cinq dernières années, là dessus pas de soucis, même s’ils possèdent une aura qui les rendent assez entêtants. La rythmique monolithique et les patterns mono-phrasés sont toujours aussi nuancés qu’une charge d’éléphants en rut. C'est d'ailleurs ce jeu trop conventionnel qui m'apprait comme étant un gros point négatif chez ce groupe, n'est pas Mark Greening qui veut.

Pourtant, et en dépit de tout ce que je viens d’énoncer, cet album fonctionne très bien et ravive certaines émotions trop longtemps enfouies et qu’un Time to Die avait à peine réussi à faire réveiller. C’est pourtant tout bête, et si ça sent beaucoup l’élève trop appliqué à suivre les pas du maître, il y a tout de même une cohésion d’ensemble de tous ces éléments si peu originaux par eux-mêmes. Monolord ne se départ aucunement de cette lourdeur et de cette crasse durant cette petite heure de musique. Il y a un plaisir non feint à se délecter de ces titres, dont on sait par avance comment ils vont évoluer, mais qui, en dépit de leurs passages obligés, assènent de coups de semonce avec une rare efficacité. Et l’on ne demandera pas plus à ce Vaenir, qui, sans être l’album de la décennie, en a tout de même suffisamment sous la couenne pour faire office de très bon palliatif. 

Vaenir en trois mots : graisse, de, canard


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