intheseblackdays
le 30 mai 2005 (1078 lectures)

   Stoner Sludgecore Blues rock

Un Jsus Christ toxicomane en guise de mascotte, une fleur de lys comme symbole, pas de doute, nous entrons sur la proprit de la confrrie du sommeil ternel. Une communaut runie autour de trois passions : la musique lourde, le blues et l'herbe. Une obscure secte forme de prtres remplant le vin de messe par du whisky. Form en 1992 par des pointures alors quasi peu reconnues ou tablies alors : Anselmo alors au top avec Pantera, Pepper Keenan (qui balancerait un an avant la sortie de cet album un certain Deliverance), un activiste notoire de la scne rpondant au sobriquet de Wicked Crikett et ses deux compagnons d'armes au sein de Crowbar, les ventrus Winsdtein et Strange, Down nous balance un rock lourd, trs lourd, poisseux et sombre, aux racines sabbathiennes videntes.

Oubliant leur pass respectif, les cinq zigotos jamment et s'en donnent coeur joie, laissant exploser l'air libre leur amour pour un blues cisel laissant perler des grosses gouttes metal sa surface. Energie du dsespoir, rage aveugle et malsaine, dpit du condamn, du rock de Down transpire une beaut et une posie morbide, o le groove du bayou se taille une part de lion.

Anselmo se rvle meilleur chanteur qu'il ne le laissait paratre, signant avec brio paroles et chants torturs, rauques, souvent fleur de peau, parfois la limit de la rupture, et quelques mlodies tragiques mais toujours somptueuses (l'envotant Pray for the locust). Les autres psychopathes ne sont pas en reste, la section rythmique en tte. Batterie tonitruante, mlange de hargne et de poisse gluante, basse et guitare rythmique s'entendant merveille pour laisser la voie libre aux solis distordus mais nanmoins magique de Keenan, prenant lui-mme conscience de son talent en pleine expansion dans le genre.

Sans prtention aucune, Down nous offre un constat dsabus d'une vie qui ne l'est pas moins, mais d'une esthtique sonore vous couper le souffle. Les riffs sont monstrueux d'efficacit sans perdre pour autant cette saveur humide du sud amricain, mlangeant boue, nnuphars et la complainte silencieuse des saules pleureurs dont cette musique semble tre devenue le porte voix.

Au nombre de pistes symbolique, 13, Nola est l'image de sa pochette : noir, o le peu de lumire rvle des choses innommables mais nanmoins fascinantes. Une balade mortuaire sur un sol moussu, travers les troncs blafards et tout aussi torturs que cet opus, mais dont il ne peut ressortir qu'une immense bouffe d'optimisme.

Nola en trois mots : sombre, dsespr, potique


Facebook 

Chargement...