MINOTAURI - II
2007 · Firebox

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Derelictus
le 31 janvier 2016 (736 lectures)

   Traditional doom Heavy metal

Éminent membre de l’auto-proclamé triumvirat finlandais du doom, aux côtés de Reverend Bizarre et de Spiritus Mortis, Minotauri n’aura pas eu la renommée des premiers cités. Il faut dire que la démarche du trio a toujours été encore plus passéiste que les hommes de Turku, restant complètement obsédé par les années soixante dix et le début des années quatre vingt, et il suffit d’ailleurs de voir la liste des groupes qu’il remercie dans le livret pour s’en convaincre, - mais en même temps ça saute tellement aux oreilles que c’est limite insultant pour l’exégète du doom que d’avoir donné ces précisions.

A tel point que c’est assez étrange de ne pas avoir vu ce groupe signé chez The Miskatonic Foundation de Rich Walker, car il avait tout pour remplir le cahier des charges du taciturne anglais. D’ailleurs, si l’on devait justement rapprocher Minotauri d’une autre formation, ce serait plutôt The Lamp of Thoth, sans évidemment le côté victorien et plaisantin des anglais. Ici, l’on reste dans les thématiques classiques de la cause, avec toujours en pointe de mire les films de la Hammer, ça va de soi, et qui nous rappellera aux bons souvenirs de Witchfinder Genral et de Pagan Altar.

Avec ces finlandais, l’on a évidemment l’assurance d’un doom metal d’obédience on ne peut plus conventionnelle: celle des moustaches, des jeans délavés, des vestes à patches usées jusqu’à la moelle et de la bière tiède. La concision du propos, avec des titres ne dépassant jamais les six minutes, a de quoi ravir les plus zélotes des ayatollahs du doom metal. Et il est évident qu’il n’y a ici aucun passage superflu, car l’ensemble garde une rare cohésion et surtout une puissance de feu complètement jouissive. C’est là que l’amour des finlandais pour le vieux metal prend tout son sens, donnant ainsi des attraits bien plombés comme il faut, dont la production rugueuse donne pleinement justice, et un côté rentre dedans qui est souvent omis de nos jours pas les groupes évoluant dans ce style. A cet égard, les titres War et Storms of the World devraient convaincre aisément les plus réticents.

C’est une évidence que ces riffs note à note sont une merveille du genre et que le trio est capable de montrer de temps à autres une facette volontiers plus cimmérienne, comme l’attestent cette pochette et ces quelques accélérations bien senties. Bien entendu, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, car le propos est ostensiblement respectueux des dogmes des grands Anciens. Et pourtant, l’on ne peut s’empêcher de secouer la tête et être assez surpris par l’homogénéité et la qualité de l’ensemble. Et puis, faire un titre intitulé Hammer of Doom sans sombrer dans le kitsch absolu, ce n’est pas donné à tout le monde. Après un premier album mémorable, Minautori a su garder le cap avec un second de haute volée et qui constitue à ce titre une très belle épitaphe. 

II en trois mots : force, et, honneur


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Excellent
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