RED HARVEST - Sick Transit Gloria Mundi
2002 · Nocturnal Art

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gulo gulo
le 19 janvier 2016 (982 lectures)

   Industriel Psytrance

Au petit jeu des "le plus" - je sais bien que personne ne me force à y jouer : mes réflexes de Quasimodo m'y forcent très bien tous seuls - si Hybreed est le plus techno ambient, Internal Punishment Programs le plus techno indus et Cold Dark Matter le plus electro-indus... Sick Transit Gloria Mundi alors est le plus techno tout court. Ne fût-ce que pour cet art très très peu partagé - je ne peux pas dire unique, puisqu'il y existe au moins un autre, mais ce n'est pas n'importe qui alors ça passe : Alien Deviant Circus - de transformer les riffs - black, broadrickiens, neurosiens, tout ce qui passe dans le fatal rayonnement Red Harvest - en non-riff et simple (comme les éléments) texture techno. En malléable masse, en gangue de mouvement saurien, d'énergie menaçante. Et comme, évidemment, Red Harvest est Red Harvest, c'est à dire ni un groupe metal ni un groupe techno (ni un groupe cold wave, ni... on connaît la chanson), ce ne sont pas là pour autant des paysages et régions déjà explorées par la moindre techno. Parce qu'évidemment, ils n'ont pas non plus fait un exercice de style Detroit techno ou je ne sais quoi, et renoncé à quoi que ce soit de ce qui fait leur étrange génotype ; simplement changé les répartitions de masse et les proportions ; en beumeu, en Godflesh, en electro-indus... Beaucoup de Godflesh sur Sick Transit, d'ailleurs, parce qu'évidemment des histoires de "le plus" ne sauraient suffire jamais à décrire un Red Harvest, et comme Red Harvest ne fait rien comme les autres, ce ne sera pas ce que le tout-venant y compris Godlfesh lui-même parfois schématiquement retient de Godflesh, qu'ils distilleront ici ; plutôt la facette "Killing Joke en proie à la plus profonde dépression". Ce qui on l'admettra, pour un album qui se présente non moins tout son long comme un épais et conquérant torrent de lave synthétique, n'est pas mince, c'est le cas de le dire, exploit. Et se concilie difficilement avec ce que pourtant vous entendez, à savoir ce conte d'une mutation en organisme électronique, d'une colonisation, chaude comme une langoureuse fièvre paludique, du mental par les circuits imprimés et les puces, aussi grisante que brutale, aussi assommante qu'elle est euphorisante et vous fait perdre la sensation de vos jambes tristement ancrées sur la planète Terre, aussi martiale que stratosphérique - avec, narquoises, ces sempiternelles ambiances space opera gigerien dont on les sait indécemment capables, de çà de là juste ce qu'il faut (c'est à dire, vu de quoi un parle, un peu pompièrement tout de même) pour vous cueillir comme une fleur sans jamais saturer ; schématiquement, vous imaginez un peplum body-horrifique inspiré de World Demise et Chaos A.D, et vous transposez tout ça dans un futur très très lointain et très très inhumain, où ne subsistent plus que des Méta-Barons et des Dieux. Faire de l'exaltation à l'état cybernétique... quelque chose d'exaltant, justement ; au sens punk, vivant, charnel du terme : pas à la portée de n'importe qui mais, le dira-t-on jamais assez ? Red Harvest est grand.

Sick Transit Gloria Mundi en trois mots : reptile, cyborg, planant


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