Derelictus
le 17 janvier 2016 (1084 lectures)

   Post hardcore

Une mégapole déshumanisée où règne l’individualisme démocratique. Mais au fait, quand tout ceci a commencé? L’état d’urgence aura fini par abattre les derniers soubresauts de liberté de penser et de conscience. Consomme ce que tu veux est la seule loi qui semble être en vigueur dans ces ruelles. Bienvenu dans le royaume de la pensée unique, où rien ne doit surtout pas dépasser de ces rangées grisâtres et verticales où s’entassent des individus apeurés et méfiants vis à vis de leurs semblables mais aussi de ce futur tellement incertain. L’homo sapiens n’est plus qu’un corps sans âme évidé de tout sens critique mais avide des dernières idoles vendues par ses écrans plasmas et autres artefacts des nouvelles technologies.

L’homme post moderne dans toute sa splendeur, dans son repli sur soi, dans sa perte de tout espoir, dans sa haine de l’Autre, et dans ses convulsions consuméristes et destructrices. Aucune chaleur humaine, ni même un soupçon de bienveillance n’est à rechercher dans cet immense espace à la fois froid et impersonnel. Quand tout ceci a commencé? Qu’il est loin ce temps des longues chevauchées, les cheveux aux vents et l’impression d’enfiler de longues distances, seul, mais face à ses démons, entre douceurs et soubresauts de colères. Qu’ils sont loin aussi ces espaces champêtres et bucoliques, où l’on pouvait s’épancher sur toute la nostalgie des temps anciens, avec cette petite larme à l’œil pour signifier que l’on est encore capable d’exprimer quelques sentiments.

Tout ceci est derrière nous, même si rien n’est vraiment sûr. Quand tout ceci a commencé? Pour ainsi dire personne ne pourrait le dire, tant les souvenirs semblent s’être effacés au fur et à mesure que les années ont passé. Mais tout semble s’être obscurci, dans une opacité qu’il très est difficile de franchir. Obéir aux ordres et marcher au pas, en suivant scrupuleusement la cadence de ces tambours battants qui ne semblent se fatiguer de leurs longs appels aux armes. Il ne reste plus vraiment d’espace d’émancipations, et la colère d’antan aura laissé place à une résignation, toute propre sur elle, mais qui ne doit point trop être tapageuse, au risque de déplaire aux prêcheurs des temps modernes.

Tout cela ne donne que le vertige. Une impression de déjà vu, où en tout cas de quelque chose dont quelques prophètes barbus nous auraient, jadis, déjà prévenus, mais dont les mises en garde n’auraient été que des cris vains dans le désert, noyés par des flots de pierres tombées du ciel. Si cela n’avait été qu’un rêve, l’on aurait pu trouver le moyen de l’oublier, que ce soit par une fuite en avant ou bien par quelques artifices chimiques, mais malheureusement tout est bien réel. La peur rôde à chaque pas et à chaque instant et, toujours, trotte dans notre tête cette question: quand tout ceci a commencé?

Vertikal en trois mots : froid, dystopique, immersif


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