[ SPLITS ] - Hailstorm / Huuto
2012 · Quagmire

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gulo gulo
le 18 décembre 2015 (1787 lectures)

   Drone doom Sludgecore

Hop : quoi de plus logique ? un split à quatre basses entre les deux plus farfelus et les moins fiables - i.e. capables avec la plus grande brusquerie et grossièreté de sortir des bons disques - des zélotes de l'Eglise Finlandaise du doom tout-juste-erectus.

Le morceau de Horse Latitudes, au choix selon qu'on a connu une fois au moins le plaisir entre leurs rudes pattes ou pas, paraîtra une semi-déception, un rendez-vous demi-manqué sans gravité, ou six minutes d'ennui ordinaire ; la tension y manque, mais évidemment pas la mufflerie ; décidément les Conan des montagnes finlandaises - et si vous vous apprêtez à me répondre que celles-ci n'existent pas, je vous répondrai que c'était vrai avant que Horse Latitudes les fassent pousser par la force constipée de leur musique, à fin d'y élire domicile.

Le morceau de Loinen confirme avec superbe ce qu'on pouvait commencer à soupçonner et subodorer à l'écoute de Noiseferatum, dont il retrouve le son, occulte comme le mignard chuintement des braises et les tunnels de communautés souterraines : en lâchant la bride à un delirium de guitare aussi malingre que maladif digne de la performance d'Eraldo Bernocchi sur Whine, il propose une très acceptable version evil, primate bien sûr, et décontractée de partout bien entendu, de Public Castration is a Good Idea ou Real Love.

La sensation du plafond au ras du crâne est parfaite, les basses vrombissent comme dans un sous-marin maudit ou un vieux Klinik, en un mot comme en cent c'est popote comme tout, on se laisse aller en arrière dans son fauteuil comme lorsqu'on sait qu'où on est on est bien reçu et qu'une fois le rata servi on va se régaler : on écoute distraitement les bruits et les rires brefs venus de la cuisine, on savoure son petit verre de sherry tandis que de ladite cuisine se répandent en flottant langoureusement dans l'air de plus en plus persuasives odeurs de mijoté et d'épices ; et peu à peu la douce chaleur se fait grisante au creux de l'estomac, les sangs s'échauffent, on se met à avoir des fourmis dans les guiboles et l'envie de chanter des chansons, on se sent presque un peu amoureux tandis que les couinements du prêtre et les piaulements de la guitare commencent à se confondre en une chose de plus en plus affolante... On se laisse sombrer dans le bien-être et, tout engourdi, laisse échapper un grand et doux soupir d'aise.

Hailstorm / Huuto en trois mots : tout, va,bien


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Avis des auteurs

Excellent
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