WRY - Neophytic Congeries
2015 · [ autoproductions ]

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Krokodil
le 08 décembre 2015 (1059 lectures)

   Funeral doom Freak doom

On ne rappelle jamais assez à quel point le funeral est une musique fascinante, et infiniment supérieure aux petites propriétés cathartiques que l'on veut bien lui prêter. Et si dans la plupart des cas la mort qu'elle célèbre se contente simplement de vous coller à la peau, dans de longues et complaisantes dérives cafardeuses, parfois teintées de poésie et d'intimisme, dans des groupes de la trempe d'un Wry - qui soit dit en passant n'est pas un groupe - le rapport à ladite mort est d'une toute autre dimension, autrement plus intimidante. Elle ridiculise les notions même de génocide et de catastrophe planétaire, puisque la mort est partout et d'une cruauté parfaitement isotrope, composante à part entière de l'atmosphère, tel un poison volatile et omniprésent qui asphyxie lentement le monde, et pourquoi pas l'univers... Quelle musique, autre que celle-ci, peut nous confiner de la sorte à de tels climax de frayeur existentielle ? Suspendre le temps et lui attribuer l'éclat d'un fragment de pyrite ? Dissoudre corps et âmes dans son impitoyable ressac ? Condamner aux rêveries les plus morbides, jusqu'à ce que la raison ne finisse par s'évaporer, épuisée d'être, épuisée de subir, épuisée de résister en vain, et ne vienne se diluer dans un triste précipité nébuleux au milieu du vide infini ? Je ne sais pas. Je n'en vois pas. Le funeral de Wry n'est pas juste fascinant, il est une source précieuse et intarissable d'épouvante lysergique, l'un des seuls capables de provoquer en quelques détonations métalliques ce si délicieux sentiment d'impuissance face à l'imcommensurable qu'il suggère... Que dis-je ? L'imcommensurable ? Tssss. L'impossible, oui. L'impossible dont vous pouvez d'ailleurs admirer la tronche sur le visuel de la chose, là. Un gouffre sans échelles, ni mesures, ni proportions humainement connues, un précipice semblant provenir tout droit de l'origine du monde. Une machine à absorber, broyer et comprimer la matière, la lumière, la vie ; non seulement ce qui existe, mais aussi ce qui est, sans distinction, jusqu'à la plus insignifiante petite poussière atomique. Ce trou noir, cet abysse, cet enfer, Wry vous y dépose et vous y laisse à votre sort, avec pour seuls compagnons les hurlements incessants de quelques spectres bien impatients de vous accueillir.

Bref, le funeral est une musique fascinante, et la peur est une sensation merveilleuse. 

Neophytic Congeries en trois mots : intimidant, tourdissant, terrassant


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