EyeLovya
le 29 novembre 2015 (882 lectures)

À l'aveugle, micro over-grincheux et pauses dissonances occultes, ce « Bucle » se confondrait parfois à du Eunersli Trance période In The Red qui aurait zappé la guitare, et voulu diluer les ombres avec des pointes de stoner. C'est bien foutu, plein de riffs noisy à la Melvins et des détours à la Quicksand, le côté éminemment post de la double basse en bonus ou malus, selon la sensibilité à la chose, qui les rapproche de très près aux australiens de No Anchor.

L'avantage, c'est la mise en valeur de cette puissante fabrique à groove qu'est le duo basse-batterie, en l'occurrence d'une efficacité irréprochable - exemple parmi d'autres, la dernière phase du morceau éponyme, faussement simpliste dans le rythme, rendement optimal dans le balancement de crâne - mais y'a un mais, comme dirait les brillants auteurs de la comédie musicale Romeo & Juliette. C'est la sécheresse auto-imposée de ce type de formation qui frustre, cet aspect très noise qui atténue les couleurs et les reliefs, ce vide dans le spectre qui absorbe l'humidité qu'on voudrait suffocante, tout du moins dans les implosions les plus doom.

A Snake of June l'a partiellement anticipé, et soutient le chanteur, principal responsable de la mise en place des ambiances -à la Alan Dubin dans le loin sur Le méchant cercle de l'enfer, ou en solitude totale parfois comme sur La cuvée-, avec quelques bidouillages électroniques encore trop timides, qui sont plus que bienvenus quand les cervicales fatiguent et qu'on se met à écouter pour de vrai.

 

Le Bucle en trois mots : ferrugineux, usin, calleux


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