Rocky Turquoise
le 10 juin 2004 (1012 lectures)

   Doom death Death metal

Au moment de sortir ce premier effort My Dying Bride de ma discothque pour me le rcouter avant chronique, j'ai t pris d'un gros doute : cet album est-il l'usure mon prfr du groupe ? Toujours est-il que, douze ans aprs, ce n'est pas celui que l'histoire semble avoir le mieux retenu (ou tout du moins, il reste bien dans l'ombre des deux suivants)... Et pourtant ce disque occupe une place toute singulire dans l'volution du combo, d'abord parce qu'il y est unique en tant que pav de DEATH doom (par opposition DOOM death donc), ensuite, parce qu'il offre une vision du style, unique et extrme, qui s'oppose celle d'un Winter (dans son death doom suffocant mais basique et sans artifices - le violon par exemple), ou celle, que l'on conservera, d'un Paradise Lost. savoir : des compositions massives et brlantes, et non pas des interludes atmosphriques et des riffs mlodiques piques qui pointent leur nez sur un couplet au chant fminin. Mais cette chronique n'est pas lieu de dbat pour apprendre qui des trois paters Peaceville mrite le trne doom death mon got.

Si vous dcouvrez cette galette rebours dans la carrire des anglais, vous risquez fort d'tre surpris. Par le chant d'abord, entirement death guttural, pas une seule interlude aux vocaux clairs, ni de divergence vers du criard, non non, uniquement des hurlements gutturaux carveneux et brlants (vous n'imaginez pas), qui n'ont ceci dit rien voir avec un chant death metal moderne, le sieur Stainthorpe ayant un coffre tout fait particulier qui rend sa voix particulirement sche et gluante ds qu'il s'essaie aux grognements, sans pour autant jamais perdre en puissance. Rsultat, des vocaux d'une puissance rare sur les morceau les plus death, et d'une dsolation / d'un flippant / d'un malsain on ne peut plus juste sur les plus lents !

Ce premier opus voit galemment natre le dbut d'une collaboration de grande classe avec Martin Powell (qui s'occupe du violon et des claviers), qui, plus qu'un simple pion au service du groupe, va lui apporter du haut de son arche une identit qu'ils continueront se forger bien aprs son dpart en 1998 pour Cradle of Filth (sic). Martin Powell justement, ne se contente pas ici de suivre btement les guitares dans leur fondamentale, bien au contraire, il est compositeur part entire et joue des riffs part, comme sur le mythique "Sear me" (premier du nom), o la superposition chant death / guitares death lancinantes / violon triste est tout simplement succulente. On pourra aussi videmment noter l'intro "Silent dance", faon horrifico-atmosphrico-dpressive d'excellente vole, avec son point d'orgue au violon grandiloquent...

La production, dois-je dire, est tonnament bonne pour l'poque, en particulier le son des guitares (en fait, presque meilleur et plus puissant que sur l'album suivant (o est-ce du la rdition ?) - faites moi penser l'occasion qu'il faudrait que je perde cette mauvaise habitude de parler entre parenthses), ce qui rend les duels de guitares gros riff death / gros riff juteux mlodique la MDB, particulirement jouissifs (comme sur "Sear me" encore, qui je me repte, est probablement l'un des tout meilleurs titres du groupe). Idem pour la batterie, au son certes un peu carton mais collant parfaitement l'ambiance gnrale...

Niveau composition, les anglais ne sont dj vraiment pas manchots l'poque, et parviennent composer des monolithes culminants presque 13 minutes, bourrs de breaks, d'acclrations, de ralentissements death ultra glauques, de passages lancinants - vritable marque de fabrique depuis lors (on citera par conscience ditoriale l'autre titre mythique : "The Return of the beautiful", repris par la suite sur "The dreadful hours" en tant que "The return to the beautiful"), arrangs qui plus est de riffs larsenisants ou harmonies, de petits soli thrash dcals ("Vast choirs" !) etc etc... souligner aussi, le trs intense "The Forever People", death rapide de bout en bout avec ses grosses guitares grognantes d'un ct, et ses riffs couinants de l'autre, le tout sublim par une grosse voix bouillonante passe la delay.

En tout et pour tout, ce premier album de My Dying Bride est en ce qui me concerne l'album que vous vous DEVEZ de possder avec Turn Loose the Swans, en particulier si vous ne connaissez du groupe que les efforts qui suivirent, pour dcouvrir la formation l'heure o elle jouait encore du death doom pachydermique et suffocant (avec violon qui est l pour tout sauf pour arranger les choses), 100 lieues du reste de leur carrire. Ou ne serait-ce que pour "Sear Me".

Lgendaire, j'ai dit.

As the flower withers en trois mots : suffocant, poussireux, dpressif


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