HOODED MENACE - Darkness Drips Forth
2015 · Relapse Records

Détails

gulo gulo
le 21 novembre 2015 (1050 lectures)

   Doom death

Hooded Menace : pour votre serviteur, un des Grands Mystères du monde doom. Je en comprends pas ce qu'on trouve de bon à leurs albums, je ne comprends pas ce qu'on trouve, une fois passé l'effectivement fort pâteux Fulfill the Curse, de si suprêmement caverneux - et putride encore moins : je trouve en fait en l'espèce Darkness Drips Forth particulièrement cossu et douillet - ni à leurs riffs ni à leur growl - pas davantage qu'à celui si souvent loué en ce sens par les journalistes automobiles de Mikael Åkerfeldt, au groupe de qui justement l'incompréhensible laideur de Hooded Menace me fait fréquemment songer ; et je ne comprends pas ce que moi-même je trouve de différent suffisamment à certains de leurs morceaux pour qu'à mes oreilles parfois ils surnagent dans un océan de médiocrité grotesque.

Un peu plus de grotesque que cela, peut-être ? Très probablement, subtilement mêlé à la dose exacte, très délicate à obtenir - voyez Opeth et son faux-jumeau Enslaved - de beauté authentique, au premier degré, dans les leads : le Capitole, la Roche Tarpéienne, tout ça... Or ici, avec Darkness Drips Forth, que l'on me bombarde encore si ça nous chante maniaque de la comparaison hors de propos, mais pour ce qui me concerne je suis tout à fait certain à maint endroit de l'album d'entendre du Katatonia - celui d'avant la métamorphose en Tool dépressif.

Ce qui, du reste, apporte justement sa pierre non négligeable - celle du touchant - au grotesque sus-évoqué, ainsi posée comme une jonchée de pâles fleurs de cerisier sans défense sur ces pâteuses bourrasques et ces cavalcades ralenties de templiers grands comme des glaciers ; et ne contribue pas peu à faire du disque cette manière qu'il est de conte médiéval teinté de pathos et de fantastique, cette chose qui se range de toute évidence parmi les albums qui demandent d'y consacrer une attention ininterrompue pour ne pas vous passer à côté comme l'air-ball le plus lamentable qui soit - mais qui pourvu que soit observée ladite posture d'immersion, pourvu que l'on s'y livre et le suive naïvement dans toutes ses étranges tribulations, vous laisse à sa sortie - et quelle sortie enchantée ! - avec la sensation d'avoir passé une après-midi pluvieuse bien au chaud en compagnie d'un bon bouquin, un brin touffu mais délicieusement absorbant, et roboratif en rebondissements inattendus dont la digestion vous instille une douce somnolence satisfaite ; ou la matinée à honorer un buffet de petit déjeuner à la scandinave.

Cathedral ? Oui, celui des débuts, toujours, mais alors copieusement arrosé de sirop d'érable.

Darkness Drips Forth en trois mots : airelles, bacon, pancakes


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Avis des auteurs

Excellent
Excellent