intheseblackdays
le 23 octobre 2015 (1687 lectures)

  

La possibilité de pouvoir enfin juger Tim Bagshaw sur le même terrain que son meilleur ennemi Jus Oborn. La possibilité de savoir si Dorrian réussit à faire passer une vibe autrement moins festive sur du doom autrement moins fun que celui de son compère depuis toujours Gaz Jennings. La possibilité de savoir si Mark Greening... Non, pas besoin, on sait tous que Greening est la quintessence du batteur doom.

Pas grand chose d'attendu par ce super groupe. Les dream team ca craint (cf. chro 804). Juste cool que trois vieux potes aient déposé la cassette de leur dernier boeuf sur le palier pour pouvoir y jeter une oreille.
Vu comme ça, pas de déception. Trois vieux qui font du bon vieux doom.
Les riffs ne sont pas les plus interloquant du style mais pas degueulasses non plus. La production leur donne un cachet pas déplaisant, limite daté.
La voix reste la voix. Vingt ans de mimiques et tics font que deux ans de pause ne permettent pas d'effacer les reflexes. Après, celle-ci a bercé nos adolescences prolongées. Il y a pire comme hurleur.
Quant à la batterie... Non, pas besoin, la batterie reste la quintessence du style... Plus sérieusement, Greening reste plus sobre que d'ordinaire. Avait-il remisé sa cymbale du diamètre des soucoupes d'Independence Day?

Un bon petit disque de potes pour les potes, histoire qu'on ne les oublie pas, histoire qu'on n'oublie pas qu'ils ont écrit l'histoire, moins tonitruant qu'on aurait pu l'espérer mais aussi moins revanchard qu'on veut le laisser croire.

With the dead en trois mots : electric cathedral


gulo gulo
le 24 octobre 2015 (1640 lectures)

   Traditional doom

With the Dead est le premier effort du combo du même nom, au line-up prestigieux composé de, excusez du peu, Lee Dorrian (Cathedral, Teeth of Lions Rule the Divine), Tim Bagshaw (Electric Wizard, Ramesses, Serpentine Path) et Mark Greening (Electric Wizard, Ramesses, 11Paranoias). L'opus, paru le 16 octobre 2015 sur le label de référence Rise Above en cd et lp, est constitué de 6 morceaux de Doom Metal morbide et primitif aux textes misanthropes.

On note que le son de guitares est particulièrement bitumineux, et que le batteur n'est pas mauvais du tout... Voilà, c'est raté : je suis incapable de tenir plus de quelques instants sur ce mode. Il faut reconnaître aux trois canailles qu'elles y parviennent avec une constance héroïque qui force le respect, quasiment jusqu'au bout - puisqu'une regrettable faute de fin de parcours grève "Screams from my own grave" d'un embryon d'émotion et de frisson authentique. Mais foirer sur la ligne d'arrivée, c'est tellement doom, j'imagine.

With the dead en trois mots : ras, des, pquerettes


Derelictus
le 31 octobre 2015 (1320 lectures)

   Traditional doom

Le dimanche 6 février 2011 aura sans doute été l’une des journées les plus pourries de toute mon existence, car elle coïncida aussi avec l’annonce officielle de la fin de Cathedral. Un concert d’adieu, auquel j’ai pu assister, et un album de pot de départ en bonne et due forme n’auront pas réussi à me consoler. En gros, j’étais un peu orphelin sans Lee Dorrian et sa bande, qui m’auront montré la voie à suivre tant avec leur musique, surtout ce fameux jour pluvieux du siècle dernier où j’ai posé pour la première fois mes oreilles sur Forest of Equilibrium, qu’avec les petites listes de groupes recommandés dans les livrets, mais aussi grâce à tout ce qu’il avait pu sortir à la fin du siècle dernier sur son label, dont, évidemment Electric Wizard, - je vais arrêter là mon laïus idolâtre. 

Et si j’ai découvert Ramesses sur le tard, lors d’un concert excellentissime qui m’a bien retourné comme il faut, c’était aussi le même constat lorsque j’ai vu que Tim Bagshaw avait franchi l’océan. Non pas que Serpentine Path soit mauvais, loin de là, et, pour rester de ce côté-ci de l’Atlantique c’est aussi le même constat pour les premières réalisations de 11 Paranoias ainsi que pour Time To Die, mais c’est comme si Mark Greening et Tim Bagshaw ne pouvaient réussir à tirer la quintessence de leur art qu’ensemble. Tout ça pour dire que quand le line-up de With The Dead a été dévoilé au printemps dernier, j’étais tout content et trépignais d’impatience quant à la sortie de ce nouvel opus.

Et mon attente a, pour une fois cette année, été récompensée, tant cet album va bien au delà de ce que j’escomptais. Et j’ose l’affirmer haut et fort: il écrase la concurrence, et ce, en dépit des déclarations récentes de Lee Dorrian et consorts sur le sorcier électrique, qui m’amusent plus qu’autre chose. Je retrouve ici tout ce qui me manquait depuis un petit bout de temps. Alors oui, le doom nécro délivré ici n’est sans doute pas ce qu’il y a de plus original en soi, et notamment lorsque l’on connaît ce que ces trois musiciens ont fait auparavant, néanmoins, et c’est surtout cela qui compte avant toute chose: l’inspiration est là, de même que ce son cradingue et pachydermique comme je l’affectionne tant. Et l’envie d’en découdre par la même occasion, à tel point que l’on s’éloigne de certains apprêts d’antan, même si le cadavre d’un Ramesses, exsudé de ses oripeaux extrêmes, n’est pas forcément si loin que ça.

Mais ici, loin de se réfugier derrière un mur d’amplis histoire de dire que c’est nous qui avons le plus gros son, l’on retrouve surtout ce qui fait l’essence même de ce genre: des vrais riffs, - enfin serais-je même tenter de dire -, qui laminent bien comme il faut. Et c’est sans doute l’un des points les plus jouissifs de cet opus, car dans ce registre l’on est plus que bien servi. Et à cela, l’on peut rajouter ce groove unique. En même temps, avec un tel batteur, c’est assez aisé: son jeu, tout sauf académique, cadre parfaitement avec l’ensemble et y apporte une dynamique certaine. Et l’on n’est pas loin de retrouver cette noirceur et cette crasse des premiers Electric Wizard, je trouve d’ailleurs que c’est peut être le disque qui s’acoquine le mieux avec Let Us Prey, même si je sens qu’avec cette assertion, je risque d’ouvrir un grand débat avec mes augustes acolytes.

Evidemment Lee Dorrian beugle comme lui seul sait le faire, avec ses gimmicks et sa diction particulière, mais ça ne l’empêche pas de caler purement avec l’ensemble, et il est même heureux que finalement ce soit lui et personne d’autre qui occupe le poste de chanteur. Mais en même temps, pouvait-on décemment attendre autre chose de lui? Et puis, de toute manière, quel délice de l’entendre s’arracher un petit peu les cordes vocales comme sur le titre éponyme ou bien sur l’entêtant Nephthys, tubesque au possible. Et surtout, ça me fait réellement plaisir de le voir officier sur un tel disque, lorsque l’on voit comment son ancien comparse se fourvoie dans du doom fm du plus mauvais goût, - même si pour le coup, c’est Tonton Lee qui sort tout ceci. Le nom et le concept de cette équipée, si concept il y a, car ce serait un comble connaissant leurs passifs, ainsi que l’ambiance qui émane de ces titres, tout cadre à merveille. Et cela faisait un petit moment qu’un disque de doom mention bovine m’avait fait autant d’effet, à tel point qu’il risque de figurer en bonne posture pour ce qui est des sorties de cette année. Je sais, j’ai fait long, - inutilement long pourra-t-on me faire légitimement remarquer -, mais que ce genre de disques fait vraiment du bien.

With the dead en trois mots : bestial, zlote, revanchard


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