Krokodil
le 15 septembre 2015 (1270 lectures)

Et bien les gars, on dirait qu'on en a fini avec les virées décapotées dans le désert, les longues errances sur la pierre chaude, l'asphalte en liquéfaction qu'on descend à la paille, les 0 à 100 chronométrés sous le regard curieux des vautours et des insectes qui attendent impatiemment le dérapage de trop. Mais que s'est-il donc passé ? Une phobie soudaine de l'horizon ? L'angoisse de la solitude et des grands espaces ? Marre du rock cylindré ? De Kyuss ? Des Melvins ? De Goatsnake ? Ou peut-être autre chose ? Comme l'ouverture sur de nouvelles perspectives et l'élargissement du champ des possibles ? Le besoin de conquérir d'autres territoires ? L'appel et le magnétisme de la densité ? Là où la vie macère derrière des rideaux de béton ? (...) ? En même temps, on ne va pas se plaindre, les mystères c'est très bien, et l'évolution c'est très naturel. Comment pourrait-on leur reprocher un tel virage, à nos Wheelfall ? Comment pourrait-on leur reprocher d'avoir largement surpassé Overmars sur son propre terrain de jeu ? Faire cet album transgenre, qui tiendrait autant du hardcore que de l'indus, du black, du doom et de l'ambient ; un disque à la fois hybride et complexe - sans trop se branler le cerveau et la jouer doctorant en génie métallurgique - un disque mouvant mais jamais dispersif. Autrement dit faire un Born Again qui ait de la consistance, de la vitalité, du sens et par-dessus tout de la gueule. Et entre nous, fervents amoureux de musique que nous sommes, comment pourrait-on leur reprocher un hommage si sincère à Godflesh, Ministry, Nine Inch Nails, Evoken, Wardruna, Portal, Neurosis et tant d'autres ? Honnêtement, je ne vois pas. Et théoriquement vous non plus. Alors quitte à prendre son public à contrepied, autant le faire complètement, et autant faire durer le plaisir : le format double album n'est pas forcément des plus digestes ou des plus abordables, ni même le défi le plus simple à relever, il exige du temps et une implication totale (quoique là aussi, question format, vous me direz que c'est sans doute un clin d'oeil à The Fragile, interludes à l'appui) et si ce petit billet ne semble retranscrire qu'à moitié l'expérience Glasrew Point, laquelle enchaine les massages osseux avec une régularité et une rigueur là aussi toutes industrielles, sachez que l'on est jamais mieux servi que par soi-même, et qu'un disque si respectueux mérite forcément toute l'attention, en l'occurrence la vôtre.  

 

 

Glasrew Point en trois mots : ambitieux, gnreux, sinueux


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Avis des auteurs

Excellent
Excellent