TROUBLE - Trouble
1990 · Def American

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Derelictus
le 13 septembre 2015 (1054 lectures)

L’album éponyme en cours de carrière de groupe, et non au commencement, c’est soit un mauvais signe, soit l’amorce d’un gros virage stylistique, voire souvent l’affirmation d’avoir sorti l’album de la maturité, tout cela allant souvent de paire. L’on ne citera personne histoire d’être charitable, mais la liste est non exhaustive. Dans le cas de Trouble, l’on ne va pas dire que c’est un mauvais signe, même si, il faut être honnête, l’on est assez loin de l’incandescence des trois premiers albums. L’on retrouve pourtant quelques petits brulots heavy avec cette saveur d’antan comme sur R.I.P ou The Wolf. Néanmoins, et c’est ce que l’on retiendra avant toute chose de cet opus, c’est avec lui que le quintet s’ouvre définitivement vers de nouveaux horizons, ou en tout cas ose enfin franchir le Rubicon en mélangeant toutes ses influences, que l’on avait pu esquisser de temps à autres auparavant.

Du coup, cela lorgne tout aussi bien vers des effluves un peu psychédéliques, quoique point trop prononcées pour le moment, à l’image du quasi flower power The Misery’s Show, que du côté d’un hard rock léché et plombé qui, lui, est de plus en plus proéminent, comme sur Black Shapes of Doom. Toujours est-il que cela nous donne un ensemble assez éparpillé, qui est assez décontenançant aux premiers abords. Et c’est sans doute cela qui m’a le plus désarçonné, car en bon metalhead, je n’y retrouvais pas vraiment mon compte. Mais pourtant, Trouble ne se renie aucunement sur cet album tout en prenant le parti pris de se réinventer. L’on y retrouve pas mal d’éléments qui ont toujours fait la force et l’originalité de cette formation, que ce soit son groove caractéristique, son chanteur charismatique et sa paire de guitaristes hors pairs, et ce melting-pot prend vraiment bien, pour peu que l’on accepte cette nouvelle tournure.

Si l’évolution musicale du groupe se fait ici en douceur, mais de manière inexorable, je ne peux aussi m’empêcher de voir dans cet album un caractère assez annonciateur de ce que sera un peu musicalement la décennie qui s’ouvrait. Ce côté retour aux sources des années soixante dix, sans pour autant totalement se renier, rapproche pas mal ce disque de quelques formations qui ont éclot dans les années quatre vingt dix. N'y allons pas par quatre chemins, je retrouve ici un peu cette coloration que l’on rencontrera par la suite chez un Soundgarden, celui de Superunknown et de Down on the Upside, ou un Corrosion of Conformity, période Pepper Keenan au chant, voire même le Load et Reload de qui vous savez. J’exagère sans doute quelque peu, mais c’est sans doute la clef d’ouverture de cet album éponyme qui, aussi décontenançant que cela puisse être, tient très bien la route, avec une variété et une qualité d’écriture indéniables.

Trouble en trois mots : bigarr, prophtique, envoteur


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