REVEREND BIZARRE - Return to the Rectory
2011 · Svart

Détails

Derelictus
le 06 septembre 2015 (1035 lectures)

   Traditional doom

Ne rien faire comme tout le monde, ça a quand même dû longtemps être le leitmotiv d’Albert Witchfinder et consorts, histoire de bien se démarquer de tout le monde, et, pour le coup, se faire encore plus remarquer. Ou bien, ils n’en avaient cure. Bref, cela demeure toute de même une sorte de paradoxe, lorsque l’on sait à quel point ils étaient des âpres défenseurs de la cause doom metal, version canal historique, avec un respect plus qu’intégriste des dogmes de ce genre. Et pourtant, c’est sur les formats EP, - en effet, il ne faut pas se fier à la la durée de ce disque, qui excède bien les soixante minutes, encore une fois -, que le trio s’est souvent le plus lâché, après un Harbinger Of Metal assez détonnant et jusqu’au-boutiste dans la démarche. Ce Return to the Rectory s’inscrit un peu dans cette lignée mais part bien plus souvent dans tous les sens, entre un The Festival préfigurant d’une certaine manière ce que l’on retrouvera quelques années plus tard chez Opium Warlords, dans ce côté assez intimiste et un peu pleurnichard, et un For You Who Walk in the Land of the Shadows, à l’ambiance assez nocturne et quasiment gothique, avec notamment ce chorus sur la basse et ces quelques nappes de claviers. Oui, il y a à boire et à manger sur cet opus et l’on a même le droit au petit exercice dont les finlandais sont les spécialistes : reprendre un titre d’un groupe de black metal, Barathrum dans le cas qui nous intéresse, et se l’approprier avec efficience sans trop dénaturer la composition. L'air de rien, même si cette collection de titres est assez éparse au niveau des influences, cela tient réellement la route, tant l’inspiration était encore présente, à contrario de ce que donnera Crush the Insects dont l’enregistrement fut pourtant contemporain. Bon, évidemment, c’est dans ce côté true doom metal jusqu’à la mort avec un soupçon de metal velu que le Reverend m’a souvent le plus envoûté. Et dans ce registre, il y a de quoi faire avec cette belle mise en abîme qui ouvre les débats et dans cette longue procession finale d’éléphants qui chargent têtes baissées, et un Aleister plus conventionnel pour du Reverend Bizarre, venant d’ailleurs des sessions d’enregistrement d’Harbinger of Metal. L’on ne va pas se mentir, le gros hit de ce disque c’est bien évidemment The Goddess of Doom, où comment rendre hommage en même temps à Christina Ricci et à une flopée de groupes de doom metal vénérés par les finlandais et récités dans cette sorte de Te Deum. Ce qu’il y a de bien avec ce titre, c’est que l’on ne sait pas trop s’il faut le prendre au premier ou au six cent soixante sixième degrés, mais c’est cela qui fait tout son charme. Le Reverend en pleine bourre et débridé, c’était ça, et c’est dommage que ce disque ne soit uniquement considéré comme étant un bonus d’In the Rectory, car, même si nous sommes loin de la qualité de ce dernier, cet EP recèle pourtant quelques pépites et possède tout autant de charmes que So Long Suckers, mais avec bien plus de concisions. 

Return to the Rectory en trois mots : versatile, amusant, rafrachissant


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