GHOULGOTHA - The Deathmass Cloak
2015 · Dark Descent

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gulo gulo
le 04 août 2015 (893 lectures)

   Doom death

Tout est plus simple, lorsqu'on est bon. Simple voulant dire cohérent sous tous les angles où l'on peut vous prendre, et fluide dans tous les sens où l'on peut prendre la logique, la temporalité, et la poule et l’œuf avec. Bon voulant dire avoir de la personnalité au grade "méprenable avec personne", ce qui sous-entend naturellement qu'on appartient à une espèce, qu'on n'est ni seul de sa race ni inventeur de sa propre langue qu'on serait le seul à parler.

Tout alors vous résume et vous définit à la perfection  ; votre nom même : quoi de plus doom et marié à la louse que le Golgotha, surtout en y saupoudrant une pincée de goule pour situer à quel point on va causer de la mocheté consubstantielle et qui touche au merveilleux ? - ou votre pochette : peut-on imaginer plus fidèle transcription en image tangible pour la rétine, de l'idée, fabuleusement appétissante on en conviendra sans mal, de terne fluo ?

Voilà. Son nom et sa pochette disent mieux que moi comment Ghoulgotha nous offre sans faillir l'album qui fait passer Morbid Angel pour de la musique toute en joliesse tout compte fait, avec son culturisme soigné et son caractère viscéralement bien ordonné pour la guerre : si nombreuses soient les rangées de dents et bien garnies les grappes d'yeux dans les monuments de Trey Azagthoth, du moins sont-elles aussi bien gardées que les vaches, et disciplinées que les Légions du Chaos. Chez Wayne Sarantopoulos (il a des sbires pour l'aider, mais leurs noms sont incommensurablement moins sexy, c'est un fait), dans le festival de laisser-aller et de démobilisation générale qui sont le don du doom aux hommes, on alterne une dent, trois yeux, deux dents dont l'une fond et l'autre pousse en disant merde à tout le monde... Vous voyez le tableau - celui qui ne peut se dévoir, d'ailleurs il est étonnant de constater comment ces mélodies qui ne devraient pas être s'enkystent rapidement dans la mémoire esthétique la plus quotidienne. Les griffes qui hérissent les créatures invoquées dans un riff de Ghoulgotha sont molles et dévitalisées, et au lieu de vous déchiqueter tout fin, vous inoculent profondément et avec votre plein consentement leur jaunasse bien-être de mocheté dégoulinante. The Deathmass Cloak, au final, est dans l'évidence de son saturnisme un pur morceau du death metal le plus noble, aussi roboratif qu'une bonne portion de macreuse ensevelie sous les échalotes, les carottes fondantes et l'aigre épaisseur de la sauce au vin - et dedans, tout soudain vous mordez dans une olive gâtée, ou un anchois dont il ne reste guère plus qu'une arête et du sel ; vous vous sentez maudit, et vous voyez que cela est bien. Et majestueux, aussi.

The Deathmass Cloak en trois mots : ncropolitain, scoliotique, musqu


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