ECSTATIC VISION - Sonic Praise
2015 · Relapse Records

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Krokodil
le 22 juillet 2015 (835 lectures)

Le genre de sortie que l'on avait pas vu chez Relapse depuis Alchemist et Austral Alien ... voire Tripsis ? Soit les quasi-dernières sorties survivantes dans notre mémoire comme étant à la fois véritablement heavy ET psychédéliques ? Peut-être bien, mmmouais... Encore faudrait-il être capable d'un certain déni nomenclatural pour en arriver à ce genre de parallélisme (ça tombe bien j'en suis tout à fait capable) : existe t-il un lien concret et pertinent entre un groupe réputé pour son synth-thrash progressif, sorte de Dan Swanö non-déconstructiviste, de Motörhead bio-technologique, supramystique et parfaitement science-fictionnel, et un groupe somme toute assez peu sophistiqué, jouant de la pure fusion 70's avec les bons vieux outils d'antan ? Pas des masses, en effet, si ce n'est cette fascinante et commune aptitude à altérer la réalité pour en faire de la soupe cérébrale bien épicée. Pourtant, au-delà des évidentes références ancestrales - Hawkwind, Leaf Hound, Amon Düül, Spacemen 3 et j'en passe... On y pense assez souvent, aux australiens, et à leur shiva-metal ... On y pense déjà rien qu'à la vue de l'objet, de son graphisme, de ses différents niveaux de distortion optique (qui est-ce qui a murmuré Tool ? c'est pas complètement absurde, ma foi). On y pense encore, lorsque le son chaud comme un bain de magma vient foutre un bordel pas possible dans la coordination de tes mouvements de nuque. Et on y pense davantage lorsque la matière se densifie, devrais-je dire "se motörheadise" (peut-être est-il là, le lien le plus évident ?) pour apporter la dimension "heavy" fondamentale et manquante à celle "psych"...

Enfin, entre nous, je ne vais pas tenter à tout prix de vous faire avaler l'inavalable. Avec Ecstatic Vision, comme avec la faune psychédélique en générale, on voit ce que l'on a envie de voir : Alchemist ? Domovoyd ? Föllakzoid ? Monster Magnet ? Quelle importance ? Le programme est strictement le même : les derboukas continuent d'alimenter la trance, de te propulser dans ses territoires afro-kraut habités de mille chimères, les guitares continuent de te happer dans leur exquise rotation, tournent en boucle comme un segment d'orgasme capturé et répété à l'infini ; et la basse - mon ami, quelle basse ! - elle continue de fendre le ciel, livre l'intimité cosmique sur un plateau incrusté d'or et de lapis-lazuli ; cette basse, elle t'ouvre les portes de l'ergosphère, elle te démolécularise, elle t'absorbe, elle t'intègre à sa masse, elle fait de toi une portion d'univers à part entière.

Sonic Praise en trois mots : ralit, porte, disparue


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Excellent
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