GREYFELL - Vol.1 : I Got The Silver
2015 · Guru

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Derelictus
le 05 juillet 2015 (1017 lectures)

   Stoner

Les beaux gosses sont de retour en ville. Et ils ne sont pas là pour plaisanter, en dépit de leurs mines joviales. Bien sûr, ils ont l’argent, et ça ne fait aucun doute que ça pourrait suffire pour lever de la go à tout bout de champs, et derrière chaque comptoir de rade qui se respecte, après avoir enquillé moult gin tonic concombre, qui plus est, car d’ailleurs c’est plus fun ainsi. Mais ce n’est pas là où le trio se distingue, car ils ont plus que de l’argent, et puis, qu’on en convienne une bonne fois pour toute, le costume trois pièces, ça ne leur va pas du tout. Non, ils ont surtout le groove enivrant qui te fait oublier que dans cette ville, il y pleut quasiment tous les jours. Ils ont aussi cette science du riff, celle du riff traînant et rustaud, qui ne te lâche pas et qui te fais secouer la tête, ou, pour les plus sages, taper du pied frénétiquement. Parce que c’est bien gentil les délires black metal et tout le folklore norvégien, il y a un moment il faut tout de même savoir garder un aplomb de circonstances, bien que tout ceci, il faut l’avouer, ça fait tout de même peur à la mégère de Bois-Guillaume et de Mont Saint Aignan. Ça fait aussi peur à toutes celles de la Rive Gauche, mais ça c’est normal: ces beaux gosses, ils sont de la Rive Droite! Encore qu’il faut reconnaître que l’incandescence de leur musique, notamment dans son côté dynamique et plus incisif, nous rapprocherait d’un Supershitty To the Max ou bien d’un Ass Cobra, évidemment en bien plus lent et souvent en bien plus lysergique, car oui, l’on n’oublie pas de temps à autres de rendre hommage, même si cela est assez timide, au grand sorcier électrique. Pour le reste, l’on ne va pas dire que les rouennais ont inventé le fil à couper le beurre, ce qui fait que l’on reconnaîtra bien ici de nombreuses influences classiques, en partant de Blue Cheer, car la forme du power trio n’est pas anodine, et que l’on rétorquera même un léger manque d’originalité. En même temps, dans un genre aussi codé que le stoner, peut-il en être autrement? Néanmoins, il y a tout de même un savoir faire évident, et une certaine fraîcheur sur cette réalisation. Et puis, soyons honnêtes, ce qui fait ici la différence, c’est l’impression que Glen Danzig lui-même est venu superviser la cérémonie en ayant par la même occasion retrouvé la fougue qui le faisait hurler sur son premier opus éponyme, notamment dans son hommage à la maman de sa dulcinée. D’ailleurs, il serait sans doute temps de réhabiliter cet album, et c’est sans aucune hésitation le plus beau tour de force de cet opus. Comme quoi, on peut être loin d’avoir la carrure d’un musclor mais être toutefois capable de lever de la fonte comme un forcené.

Vol.1 : I Got The Silver en trois mots : swag, membr, gouleyant


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