DEMON LUNG - The Hundredth Name
2013 · Candlelight

Détails

gulo gulo
le 26 juin 2015 (601 lectures)

   Traditional doom

Il existe entre le premier et le second Demon Lung le même type de rapport qu'entre les deux Caronte correspondants : on commence par se dire que c'est la même chose en moins abouti et sublime, en plus maladroit, laborieux, scolaire ; et on finit par avoir la plus grande peine du monde à en mettre un en-dessous de l'autre. On pourrait aussi bien trouver The Hundredth Name plus troublant encore que A Dracula, pour la simple raison qu'il a tout pour ne pas troubler aussi vertigineusement que le fait son successeur, à commencer par l'absence de l'atmosphère opiacée et onirique.

The Hundredth Name donne autant envie que l'album de The Order of Israfel de les bombarder citoyens d'honneur de Teutonie. Voici du doom avec un gros M comme METAL. On fait difficilement plus vulgaire que tout ce qu'il se trouve sur cet album, sans même avoir besoin de s'acharner sur sa pochette qui est une affaire entendue. Les riffs de gladiateurs mi-John Milius mi-Cecil B. De Mille ; les sifflées chipées tout comme les trémolos chez Papa Windstein ; l'érotisme à la mesure d'un clip de Satyricon, et toute la moitié d'un premier morceau qui tient d'un vieux Monarch! utilisé en bande-son d'un porno d'exploitation joué par d'anciens Venom chauffés à blanc ; Alice in Chains qui auditionnent Cher et Tommy Victor (vous savez, le type de Danzig ?) dans la même session ; la voix de Shanda en plein milieu de son périple trans-genre, quelque part au niveau de l'intersection entre Mary J. Blige et Maynard J. Keenan... Bon, d'accord, la première citée, c'était pour l’allitération graphique, ce doit bien faire quinze ans que je ne l'ai entendue ; disons, pourquoi pas tenez, Tracey Thorn : voilà bien le genre de sex-appeal dont on parle, où se surimpressionnent une biche blessée et un sac de ciment abandonné sous la pluie.

Avec de pareils atouts dans sa manche, Demon Lung atteint ici à la magie épaisse d'un  SubRosa, mais sans les paillettes de lumière lunaire pour le faire flotter sans poids au milieu des lucioles, et qui du coup se serait lamentablement et lourdement échoué dans le pot de pâte à tartiner du goûter. Pas facile, assurément, de distinguer dans cette collante gangue terne et grasse, les pourtant bien réels moments de chatoiement et de scintillement dont déjà ils se montrent crapuleusement capables, à mainte reprise ainsi qu'on vient à le constater à mesure qu'on s'accoutume à la mâche de la chose ; pour qui ne craint pas de se tâcher. Tout à fait eux au bout du compte : une préparation secrète au goût très riche, boisé, suave et entêtant renfermé dans une pâte compacte, particulièrement robuste et balaise à avaler.

The Hundredth Name en trois mots : Satan, got, noisette


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs

Excellent
Excellent