TAD - Infrared Riding Hood
1995 · Eastwest / Elektra

Détails

EyeLovya
le 07 juin 2015 (1029 lectures)

   Grunge

Dire que le principal grief à l'encontre de cet album final c'est le prétendu délestage du son Tad... il faut croire que ses détracteurs devaient être sacrément accros à la mayonnaise. Il faut croire aussi qu'ils avaient oublié que 8-way Santa était tout autant ponctué de ces tendances mélodiques indispensables, et même que le son d'alors était bien plus rock et accessible. Bref.

Pas compliqué pourtant de sentir la basse te tacler violemment les chevilles comme un gourdin, comme si on avait emprunté ce hooligan de Ben Green à Godflesh, exactement le même sentiment qu'en 1988/89. L'indus qui refait enfin surface, dans son alternative nuque rouge, départ le matin en pick-up déglingué dans la poussière jusqu'à l'usine pourrave et cradingue, et retour le soir dans la même poussière et la même ruine de bagnole, tous les jours. Il y a peut être encore un peu plus de nostalgie ou de frustration dans ce petit chaperon infrarouge là, après tout, il faut commencer à assumer le passage à l'âge adulte. La frustration amoureuse ne cicatrise pas, puisque ça sent le vide sentimental qui commence à peser sévèrement, en forme de remise en question introspective cette fois-ci puisque certes, on a perdu un peu de fun dans l'histoire, et on se retrouvera pile comme Tad : un peu nostalgique de ses bitures d'antan, ces deux petits centilitres de soft ajoutés discrètement dans le verre de gin qui n'ont pas échappé aux plus abrutis. Maintenant, on affronte et surtout on se créé des problèmes, mais que ça n'empêche pas de régler une embrouille au bar par une bonne vieille trempe dans la gueule. Moins d'agonie porcine dans la voix et moins de boogie-woogie dans le cambouis, je le concède, mais l'ambiance plus torturée n'a rien de préjudiciable. Tad est plus noir, Tad en a marre, et en terme de grunge de bouseux américain qui décuve, enfin triste et démotivé, il n'y a pas grand chose à jeter par ici.  

Infrared Riding Hood en trois mots : grumeleux, battu, amer


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs

Excellent
Excellent