Derelictus
le 28 avril 2015 (837 lectures)

   Traditional doom

Qu’attendre d’une énième formation comparée aux regrettés Warning, si ce n’est que de tomber, de nouveau, sur une déception, car depuis la séparation du groupe de Pat Walker, le créneau du doom metal misérabiliste s’est retrouvé orphelin de sa tête de gondole. Et entre les 40 Watt Sun – normal pour celui-ci me direz-vous -, Gallow God, Pallbearer, à l’époque de sa démo, et les norvégiens de Summit, lorsque sa démo est également sortie, Sadhak a peut être le petit truc en plus pour se démarquer. Larmoyant, sans toutefois trop dégouliner, froid comme la neige tombant sur le ciel de Trondheim, le doom metal pratiqué par Andreas Hagen a ce côté rigoriste qui le rapproche indubitablement de Warning, et vaguement, par instants, de Pallbearer, notamment dans les intonations vocales, histoire de baliser un peu plus le terrain. Sauf que la grisaille du Yorkshire a laissé sa place ici aux longues veillées d’hiver où très peu de lumière perce à travers les nuages. Ce qui confère ici un côté très lancinant à l’ensemble, dans cette itération inlassable des mêmes riffs comme un leitmotiv pour tuer l’ennui et continuer ce repli sur soi plutôt que de s’ouvrir à d’autres dimensions. Il n’y a guère que le détonant solo de guitare sur le premier titre pour casser un peu cette routine, et le chant, pas encore parfait, mais suffisamment résigné pour coller parfaitement à l’ensemble. Mais il y a tout de même ici de quoi retenir l’attention de l’auditeur et de faire un peu la différence avec la concurrence, outre les qualités intrinsèques de ces deux titres. Si le premier titre peut nous évoquer Latitude Egress, dans cette nonchalance assumée, le second nous rappelle un peu aux bons souvenirs des premiers Burzum, non seulement dans ces quelques claviers épars qui semblent tous droits sortis de Filosofem, mais aussi dans cette froide répétitivité de riffs que l’on aurait pu retrouver sur Det Som Engang Var ou l’album suscité. Et je dois avouer que c’est sans doute le petit truc, plutôt bien exploité, qui fait la différence. Il y a donc un potentiel intéressant sur cette première démo qui, je l’espère, sera bien mieux exploité sur les futures réalisations de Sadhak.

Sadhak en trois mots : froid, austre, emphatique


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs