MELVINS - The Bootlicker
1999 · Ipecac

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gulo gulo
le 27 mars 2015 (1126 lectures)

   Freak doom

Peut-être - sûrement - devrais-je vous claironner à que point avec The Bootlicker les Melvins se foutent-ils trop de la gueule du monde entier à commencer par leur propre public et ses attentes, même décalées et pleines d'auto-dérision, auquel sûrement The Bootlicker est un gros doigt d'honneur - dame ! le tracklisting ne correspond pas au découpage musical, imaginez-vous... - parce que les Melvins voyez-vous, c'est trop des punks, des trublions, des empêcheurs de hipster en rond, des décalés, des poils-à-gratter, des enfants terribles, des asociaux, bref : des oufs. Peut-être même est-ce ainsi que les Melvins voient leur disque, pauvres manières qu'ils sont de Kickbacks du grunge doom, tirés qu'ils sont vers le bas et vers leur pente auto-caricaturale par leurs propres plus fervents fanatiques : peut-être n'assument-ils pas ce dont ils sont capables, en toute candeur.

Mais rien à faire. Je suis incapable de le voir autrement que comme le disque des Melvins le plus simple, beau, et celu que je suis le plus touché à écouter. Avouez que c'est connaud.

... Bon, allez : admettons que c'est pour le coup à mon tour de faire mon Melvin, la langue bien tétaniquement plantée dans la joue, et d'adopter une posture de provocateur en affrontement a priori et à tout prix avec tout le monde. Pour être honnête avec moi-même, j'espère sincèrement que Buzz est au courant qu'il a une voix superbe qui est peut-être bien la principale force des Melvins ; pour être tout à fait honnête ? Je m'en fiche à un point proche de l'infini.

Parce que The Bootlicker est peut-être bien le disque des Melvins le plus difficile à décrire et le plus évident à écouter. Les mots glissent plus salopes que des anguilles, à tenter de dire le traitement qu'ils ont fait subir là à leur musique - jazz, ambient, trip-hop ? chill-noise-chicago-acoustique, dream-country... S'en soucie-t-on ? Lorsqu'un album se révèle le seul concurrent possible au Blind Juggler de Human Anomaly - mais dans une sorte de version pop en velours noir qui serait presque plus mollusque et cauchemardesque que l'autre ? Mais tout ceci fait bien des questions spirituelles idiotes qui ne méritent que de prendre leur auteur dans les yeux et lui retourner celle-ci seule : comment douter un seul instant de la très primaire sincérité du trouble et de l'émotion qui rampent et rament ici tout du long, à entendre les dernières secondes du disque, étouffées ainsi que dans un flash dyschronique de Lost Highway ?

Oui, peu importe qu'ils jouent les grands timides et tentent de faire balbutier encore des pitreries à leur disque le plus fragile et feutré ; peu importent même qu'ils le sachent ou pas : les Melvins sont pleins de beauté.

The Bootlicker en trois mots : lynchen, chloroform, insomniaque


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