DEEP PURPLE - Burn
1974 · Purple Records

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Derelictus
le 18 mars 2015 (1069 lectures)

   Hard "70s Funk

Pendant longtemps, l’on m’a raconté que pour le cas Deep Purple, seul le triptyque In Rock – Fireball – Machine Head suffisait pleinement, que tout le reste n’était que futilité, argent et temps perdus. Cela étant dit, être adulte, c’est aussi savoir s’affirmer et franchir parfois certains Rubicon, - comme écouter du Black Sabbath sans Ozzy au chant -, et donc là, une autre formation que le Deep Purple mark II. Exeunt Ian Gillan, démissionnaire, et Roger Glover, chassé comme un malpropre par sa majesté Blackmore, entrent dans le pourpre David Coverdale et Glen Hughes, qui allaient donner rapidement naissance à ce cinglant Burn, un album qui, à mon humble avis se doit d’être un peu réhabilité.

N’y allons pas par quatre chemins, après le précédent effort moyen, Deep Purple avait sans doute besoin de sang neuf pour repartir de plus belle, ce qui permet au quintet, sur cet album au moins, de retrouver de sa superbe. En tout cas la vigueur qui l’animait sur le fameux triptyque est de retour: l’on retrouve ici un groupe véloce, plein de fougue et d’entrain, à l’image de l’introductif Burn, qui est une étincelante ouverture de disque, à l’image d’un Speed King ou d’un Highway Star. Après, une telle mise en bouche, l’on pourrait dire que cet album va subir le syndrome du soufflet au fromage, mais en fait il n’en est rien. Et c’est là que les nouveaux venus vont avoir leur importance.

La venue de Glen Hughes, outre ses qualités de bassiste plus funky que son prédécesseur, a surtout été conditionnée par ses qualités de chanteur: il a en effet un timbre assez particulier, donnant une coloration un peu plus soul à l’ensemble, et qui se marie parfaitement au chant plus classique de David Coverdale, le petit frère bouffi de Robert Plant. Et cette dualité de chant, à part sur Mistreated, va donner une facture assez plaisante à l’ensemble, une formule qui sera repris bien plus tard par quelques formations, je pense notamment à Alice In Chains ou à Isole. L’on perd sans doute en intensité, parce que ce ne sont pas des braillards comme Gillan, là où l’on gagne en mélodies vocales imparables. C’est cette première nouveauté qui rend ce disque très attachant, doté d'ailleurs de compositions bien ficelées.

L’autre singularité de ce disque, c’est son côté groovy à souhait, pour ne pas dire funky par instant, comme sur Sail Away et You Fool No One, qui enrichit grandement le hard rock du quintet. Et lorsque l’on a des musiciens talentueux et inspirés comme ici, c’est un vrai régal, Ian Paice étant d’ailleurs celui qui impressionne le plus sur cet album, même si ses acolytes ne sont pas en reste. L’on notera que c’est peut être ici que l’on a la quintessence du jeu de Blackmore au sein de Deep Purple – son aboutissement ce sera avec Rainbow de mon point de vue. Pour autant, malgré ces nouveautés, les anglais n’oublient pas leur fondamentaux, que ce soit avec ce côté rock’n roll de grand papa sur What’s Going On et le blues langoureux qu’est Mistreated.

Cela nous donne un album assez charnel et bien prenant, pour peu que l’on ne soit pas hermétique à ce genre de prouesses. En tout cas c’est assez direct et enjôleur, et pas prise de tête pour un sou, pour faire effet dès les premières mesures du titre Burn et ne pas vous lâcher par la suite. Ça sent évidemment la testostérone, mais dans le sens sex-appeal plutôt que bad boys, les jeans moules burnes, avec concombre emballé vendu en option, et les chemises ouvertes jusqu’au nombril, mais avec une veste, histoire de faire négligé chic. Oui, c’est le disque du beau gosse prêt à lever de la schnek à tout bout de champs, quitte à la larguer comme une vieille paire de chaussettes dès le lendemain matin. D’ailleurs, ne nous y trompons pas, la pochette est annonciatrice de la suite: le quintet a consumé le reste de sa créativité dans cet album, mais au moins il aura chaussé ses couilles pour nous sortir ce Burn.

Burn en trois mots : groovy, incandescent, couillu


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