gulo gulo
le 13 mars 2015 (958 lectures)

   Industriel Dub Funk

Ces braves Pim-Pam-Poum de Morkobot ont-ils trouvé, en la personne du bon Eraldo, le grand talent qui manquait à leur petit talent sautillant, pour les catapulter dans les pâturages plus roboratifs et les champs de framboises de la pertinence ? C'est ce qui semblerait se dessiner du moins par déduction mathématique, puisqu'il est difficile de pointer une baguette d'instituteur sur des interventions précises du docteur Bernocchi ici ; mais on sait qu'il a eu largement le temps de se rôder, depuis l'album live de Scorn, à étaler sa bolognaise tournée sur ce type de rythmiques concassées trébuchant de toutes leurs grappes de grosses pattes velues, et de développer un certain langage hybride, qui tient du metal alternatif nineties autant que des dérivés dubby de l'indus et vice-versa.

Le problème est que, si grande en soit l'envie, il ne s'agirait pas encore de mettre le bon Eraldo en odeur de sainteté, qui est capable également de prestations tout à fait honnêtes et rien de plus, y compris pour son propre compte ; scolaires, si douées. Et pour OssO, il se fend justement du même type de performance studieuse que jadis pour Simm - où pourtant il était tout novice encore en scorn-beat et en mick-harris-music. Bien entendu, relativement à Morkobot, cela leur apporte une épaisseur de sourde malignité à laquelle ces zébulons n'auraient autrement jamais pu prétendre. Mais comme OssO se dote de visuels et d'intitulés plutôt kinky, et partant générateurs d'attentes qui viennent encore s'ajouter à celles qu'on nourrit dès lors qu'on lit Bernocchi... en résulte nécessairement un déficit en perversité qui fait dépression.

Oui, tout ceci fait un discours bien économiste et scientifique, c'est bien tout le problème de l'album : ne pas réussir à captiver autoritairement son auditeur par la chair et ses appétits bouillonnants, qu'il ne parvient pas à libérer. Morkobot ont gagné après tout : ils ont accouché d'un Tetsuo-Melvins, groovy à souhait, grésillant à souhait, muppetty à foison... sans la perceuse qui fait bite. Tristesse.

Un problème d'attentes pré-conçues, sans doute rien de plus : à relire les titres, probable que l'ambition de la chose soit davantage à chercher du côté du cartoon, malgré qu'en ait ma lecture personnelle du petit squelette signé Petula Mattioli ; un peu comme chez Zolle, en somme, et comme il est sans doute prévisible de la part d'un groupe dont les membres se font appeler Lin-Lan-Lon. Pas tout à fait ma conception fantasmatique de l'Italie, mais après tout, hein ? c'est eux les Italiens...

OssO en trois mots : pas, assez, blet


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