UNHOLY - The second ring of power
1994 · Avantgarde

Détails

Rocky Turquoise
le 10 juin 2004 (1134 lectures)

   Funeral doom Freak doom

Alors l les cocos, si dj vous pensiez que le premier album d'Unholy n'tait qu'un joyeux foutoir illumin et compltement incomprhensible, un bon conseil : fuyez ce disque comme la peste ! Mais par Pluton, qu'est-ce que c'est que ce truc ??

Jouons cartes sur table : vous aviez beau avoir l'audace d'apprcier chez les Unholy, dans leur premire incarnation, les hurlements dsarticuls de Pasi Ajo, doubl du mlange de metaux de diffrents horizons avec des guitares qui, mme si sous-mixes (toutes proportions gardes), savaient se faire tout tour particulirement doom et glauques, ou particulires mlodiques et timbres, voire btement bourrines sans queues ni ttes, il n'est pas dit que vous aimiez ce disque. Vous aviez beau plutt vous dlecter de ces drles de passages (sombres et exprimentaux (sic)) - les jumbs, les guitares acoustiques, le chant fminin sous acide, les claviers judicieux etc - qui, si ils pouvaient sembler inappropris, ajoutaient finalement sacr charme cette succession de compos certes intressantes, mais tout de mme un peu chiantes (permettez pour la rime), il n'est pas acquis que ce disque fera votre bohneur. Je ne vais pas tourner autour du pot 666 jours et 7 nuits : il y a peu prs autant de chance que vous apprciiez ce disque lors de votre premire coute, que de chances croiser un alsacien dans un bar plus de 500m de chez lui.

En 1994, les quatres membres d'Unholy franchissent dnitivement le pas qui existait encore entre bande de finlandais rigolos qui font de la musique bizarre, et phnomnes de foire dans un tat pathologique, qu'on a du forcer bouffer des pneus de voiture durant les 5 premires annes de leur vie.
Autant vous dire que la premire chose qui marque l'coute de ce "The Second Ring of Power" est le sous-mixage des guitares. Si vaguement les riffs assez durs du premier opus pouvaient le classer dans du black doomisant un peu allum, ici les cordes ne se font entendre que rarement, vrai dire uniquement lorsqu'elles sont bien sres de vous balancer en pleine poire LE riff ultime Unholy-ien, dirais-je un truc vaguement aigu et couinant, mlancolique et barr, du type mme de ce qu'on pouvait trouver durant les premires minutes de "Creative lunacy" ou "Colossal vision" sur le premier album. Le reste du temps, elles se contentent de tenir un rle principalement rythmique, ou de suivre les claviers qui au contraire ont pris une place prpondrante dans la musique d'Unholy.
Parlons-en des claviers tiens : ils sont partout. Ismo Toivonen a truff les morceaux de nappes (trs) tranges (sans pour autant jamais entrer dans la surenchre), mais surtout crispantes souhait, dans leur son qui n'est en rien ambiance facile faon promenons-dans-les-Alpes-il-y-fait-frais. Au contraire, c'est toujours vers des tons tendus et difficiles que le finlandais se dirige (sauf lorsque bien entendu, il s'agit de nous balancer un break atmosphrique bien prononc). Leur gros renfort confre aux compos de larges ambiances tour tour funraires ou thres et spatiales.
Un autre point frappant est la place qu'a donn le groupe la basse de Pasi Ajo, car non seulement le sieur se permet de nous envoier des plans funky et claquants souhait sans aucune incohrence (faut l'entendre jouer avec un son presque slapp sur le break du titre ponyme !), mais la basse est probablement l'instrument le plus prsent aux cts des claviers. Ce type triture sa guitare comme un serveur confirm dcoupe un canard de 8kg : sans aucun sens apparent, mais toujours avec une classe folle !
D'ailleurs, si ses beuglements abyssaux appartiennent dornavant aux pass (ou justement au futur, puisqu'il va se mettre vomir ses trippes avec une puissance rare partir de l'album suivant !), cet album du groupe est sans conteste celui qui se caractrise par une palette de vocaux la plus diverse possible : borborygmes gras, chant masculin clair flippant ("Neverending Way" !), chuchotements psychopates, pleunircheries, beuglements clairs compltement timbrs et imbibs (cf. le dernier titre au nom coucher dehors, compos sans le moindre riff de guitare metal, mais avec des claviers horrifiques allums, une basse hystrique, un violon qui couine dans tout les coins et des notes fausses qui sonnent injustement justes, le tout dans une ambiance pharaonico-psychiatrique... c'est rien de le dire !), et j'en passe...
Peut-tre vous souveniez vous aussi des vocalises fminines tranges auxquelles s'essayait Tanja Wehsely sur From the Shadows ? Et bien la grande dame a laiss place une autre cingle : Merja Salmela. Faut l'entendre nous vomir des litanies comme une prostitue babylonienne s'tant siffl trois bouteilles d'hydromel avec Jarboe ("Lady Babylon" tiens !), ou vous achevez grand coup de plaintes monocordes graves et spleenesques (le final poustourissifiant de "Neverending day"), mme si elle vous fera videmment le coup de la petite fille au chant touchant dans ce gros monde de brute ("Air")...

Mais cessons de nous attardez sur des dtails, tant il est vrai qu'on pourrait continuer ainsi sur 500 lignes.

Grosso modo, ce disque d'Unholy pourrait s'apparenter du funeral doom dans ses moments les moins fous (ou justement les plus fous), lorsque le rythme se fait extrmement monotone et que le ton gnral se couvre de claviers glauques ("Languish for bliss", "Neverending day", "Dreamside"...), toujours entrecoups de vagues plans atmosphriques (qui ne vous voqueront jamais rien qu'un rocher couvert de suie), ou d'ambiances orientales. Pour le reste on se trouve face des passages plutt mid-tempos, qui ne semblent sortir de nulle part, et n'aller nulle part (les breaks plus rapides ont compltement disparu). Au milieu de tout cela, deux titres : "Lady Babylon", avec son feeling gyptien et son chant fminin beurr, qui se termine l o on pensait bien navement qu'il aller commencer (trois notes laissant prsager un solo de derrire les fagots... qui n'existe pas) ; "Serious Personnality Distrubance and Deep Anxiety", qui, et on ne vous le rptera pas, est un des titres les plus illumins jamais crit, d'autant plus surprenant qu'il dboule aprs une composition plutt simple ("Air" donc)...

Bref, vous avez sans doute remarqu comme il est difficile de parler de ce disque, les finlandais signant avec "The Second Ring of Power" un pilier de doom d'avantgarde, peut-tre l'un des, sinon LE plus abouti, qui saura faire prendre un pied phnomnal qui sera assez fou pour les entendre !

Je crois que ces martiens essaient de communiquer...

The second ring of power en trois mots : funraire, hallucin, plutonien


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs

 
Classique!
Classique!
 
Coup de cœur
Coup de cœur