Derelictus
le 24 février 2015 (647 lectures)

   Doom death Death metal Rituel

Swallowed n’est pas de ce monde, ou en tout cas, n’aurait pas émergé à sa surface depuis plusieurs éons et reste figé dans une époque révolue. Et aucune lumière ne lui apportera une quelconque sagesse lors de son retour sous terre, ni aucune retenue dans sa fureur, ni même une once de compromission dans son allure altérée, si ce n’est de se mesurer à l’aune du chaos présenté par Teitanblood et consorts, histoire de rendre le sien encore plus répugnant et encore plus tellurique.

Ne nous y trompons pas, ce Lunarterial, c’est une forme de chaos sonore, où il est difficile de s’accrocher à une quelconque mélodie ou une quelconque structure assimilable, sans toutefois atteindre le côté jusqu’au-boutiste d’un Portal dans ce style d’exercice, même si à ce petit jeux, les vingt cinq minutes de Libations sont une réelle démonstration et un sacré supplice lors de sa première rencontre. Il y a quelque chose de plus pernicieux et de plus sous-terrain chez ces finlandais, ne serait-ce que cette basse grave et sursaturée qui tapisse chaque composition et surtout chaque ralentissement pour creuser encore plus profond, pour laminer encore plus l’auditeur et l’enfoncer dans les tréfonds, mais plutôt Agartha que R’lyeh. A l’orée de l’inconnue et poursuivant des droites non euclidiennes, le duo nous transporte vers ce chaos originel, avec cette impression d’être en présence d’une relique d’un diSEMBOWELMENT, qui au lieu d’avoir écouté Hellhammer ou Winter, aurait eu pour disque de chevet Drawing Dawn the Moon de Beherit, avec en sus l’héritage de cette scène death metal finlandaise du début des années quatre vingt dix, dont l’exhumation récente aura sans doute été bénéfique, et pas seulement dans le cas qui nous intéresse ici.

Swallowed est Autre. Cet Autre que l’on n’apprivoise pas. Cet Autre qui est capable de lâcher de purs moments de furie sans coup férir, le tout dans un maelstrom de notes avec une logique connue seule de ses géniteurs, et de s’arrêter de manière sournoise pour nous asphyxier de ses excroissances méandreuses et scélérates. Et l’on ne peut que se prosterner avec humilité devant une telle entité qui vous lacère et vous domine à chaque instant et ne vous offre aucun répit. 

Lunarterial en trois mots : multidimensionnel, tellurien, dissemblable


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