THE LAMP OF THOTH - Portents, Omens & Doom
2008 · Miskatonic Foundation

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Derelictus
le 16 février 2015 (925 lectures)

   Traditional doom Heavy metal

L’Angleterre, cette terre sacrée du doom metal, aura toujours une place à part dans cette scène, notamment dans cette propension à nous gratifier de groupes assez emblématiques en la matière, mais pas besoin de vous refaire l’histoire, ô lecteur, cette auguste demeure étant suffisamment garnie dans ce registre. The Lamp of Thoth ne pouvait qu’être un digne représentant de cette noble tradition et le digne rejeton de ce terroir. Fort d’un premier EP assez retentissant, le trio de Keighley était un peu attendu au tournant à la sortie de ce premier album, d’autant que, faute de prétendant à l’époque, il s’était retrouvé adoubé comme the next big thing recommandé par tous les ayatollahs du genre.

Sans grosses surprises, il n’y a point de grands changements apportés à leur propos sur cette grosse heure de musique, toute aussi délicieuse – dans le sens pinte de Guinness plutôt que tasse de thé -, qu’enivrante. Plus inquisiteurs que jamais, Simon Strange et ses acolytes sonnent toujours autant anachroniques, au final, mais là où l’on aurait pu penser à un vol stationnaire sur les années soixante dix et les grands anciens de Birmingham, c’est plutôt la scène du début des années quatre vingt qui a la préférence des anglais et il n’est pas rare de penser à Witchfinder General, Angel Witch, Pagan Altar ou bien encore Cirith Ungol en écoutant cet opus. Il suffit d’ailleurs de lire ne serait-ce que la tracklist pour se rendre compte que le cahier des charges a bien été respecté, c’est aussi pour cela qu’on les aime.

L’on repassera donc pour l’originalité, encore qu’il y a tout de même une touche personnelle ici, mais alors au niveau efficacité, c’est tout autre chose, même si le plus souvent basé sur un riffing assez frustre. Car ce groupe a tout de même pour lui un groove unique et très prenant, que ce soit sur le trinôme introductif ou bien sur ses brulots neuneus que sont Blood on Satan’s Claw et Satan’s Hammer, ou comment imprimer dans notre matière grise des refrains aussi débiles que celui d’un Fireball Demon de qui vous savez. Il faut dire que dans ce registre, le chant sur-joué de Simon Strange, qui en fait souvent des caisses, apporte un plus évident. Cela étant dit, entre ces titres directs, l’on trouve d’autres compositions plus léchées et moins frontales, comme Victorian Wizard, The House et Pagan Daze, venant nous rappeler que les anglais ne trainent pas uniquement au pub jouxtant le local de répétition.

Si l’amalgame d’influences du trio prend bien sur cet opus, l’une de ses grandes forces n’est autre que cette ambiance un peu occulte, mais dans le côté victorien de la chose, à rapprocher des films de série B, avec justement un côté kitch que n’aurait pas renié Tonton Lee au milieu des années quatre vingt dix. C’est tout cela qui fait le charme de cet album, qui, s’il n’est sans doute pas aussi clinquant que la réalisation précédente, en a suffisamment dans le chaudron pour éclairer le pauvre hère égaré dans ce monde post-moderne fade et sans valeurs.

Portents, Omens & Doom en trois mots : dogmatique, prosaque, chaleureux


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Avis des auteurs

Excellent
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