TORCHE - Meanderthal
2008 · Hydrahead

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gulo gulo
le 15 février 2015 (1041 lectures)

   Stoner Punk rock

Franchement, à part la pochette croquette comme tout (Aaron Turner n'est pas impeccablement bon à rien dans tous les domaines), il a quoi, ce disque ? C'est un comble, à deux titres au moins : réussir à bander son auditeur avec des morceaux de deux minutes TTC, et réussir à faire incoerciblement taper du pied et que ce soit juste aussi pénible et crispant qu'une envie de pisser. L'album-témoin des limites d'une recette risquée ?

Ah, oui : "Healer". CE morceau. Ces violents relents du Therapy? impudiquement vénéneux des années entre Nurse et Troublegum. LE morceau de power-pop dangereuse. La chair de poule, le bleu au cœur, tout le toutim. Déjà, sur-concentrée, toute la new-wave fiévreuse à venir, explosive, sur Restarter et son "Restarter" - un truc à creuser avec les morceaux en -er, les gars ? penser à en faire davantage, peut-être ? Ces deux-là sont à n'en pas douter leurs meilleurs morceaux, haut la main quelque chose d'himalayen, mais entre les deux "Healer" est encore celui qui tient le dessus, tout comme il le prend les doigts dans le nez sur n'importe quel morceau d'Harmonicraft, séparément ou en brochette : ça fait mal mais c'est la dure vérité.

Du coup probablement n'est-on pas tout à fait objectif pendant qu'on écoute "Across the Shields" qui suit, d'autant que, bien entendu, "Helaer" ne dure que deux minutes et qu'on est là comme un fou la gueule béante lorsqu'il s'achève, on en trébuche presque physiquement, prêt à déchirer avec les dents n'importe quoi qui se présente. Mais non, l'effet perdure, "Sundown" paraît excellente carrément, même si elle gâche un peu les promesses de son amertume d'entame : Broadrick y incarne tout de même un très chouette personnage d'Hartley Cœurs à Vif, dans une histoire de rivalité avec Page Hamilton. Puis on retombe un peu dans le Genghis Tron stoner du début de l'album, ou au choix, dans le Converge qui essaie de se mettre à Offspring, genre Axe to Fall mais plus radical, tu vois. Avant de totalement laisser tomber l'optique morceaux courts et dans la face, et de donner dans le fameux art du deltaplane post-hardcore et de se jeter au devant des nuages en ciment toutes dents dehors ; et de fort logiquement rencontrer un grain punitif des familles. Tout compte fait, un album de Torche jusqu'au bout des orteils poilus, dans toute son instabilité et son ambiguïté bien cachée sous des tonnes de grosses guitares couillonnes comme du The Acacia Strain tuné avec des flaming mauve à paillettes : accroche-toi à ton estomac, il a pas l'air bien décidé sur ce qu'il va faire l'instant d'après.

Bref : plus prosaïquement, Meanderthal regroupe : la seconde meilleure jaquette (il fallait bien la faire, et vous le saviez) de Torche ; une première partie de disque composée de tous leurs plus mauvais morceaux ; leur tout meilleur ; et trois bons morceaux de l'autre côté de ce pic. On en fera ce qu'on préfère.

Meanderthal en trois mots : stoner, de, normand


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