BLACK SHEEP WALL - I am God Songs
2008 · Shels Music

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gulo gulo
le 13 février 2015 (989 lectures)

   Post hardcore

On ne va pas donner dans le révisionnisme élitiste : à l'époque, Monsieur Ruinegorge était encore un chroniqueur sur une chaîne de grande écoute, et ce qu'il commençait tout juste à baptiser parpaing-core était encore un peu moins qu'une micro-scène, à peine un nom de code pour quelques noms obscurs qu'on s'échangeait précieusement dans le cercle des commentaires au bas des écrits du futur gourou susdit ; à l'époque, on a comme beaucoup accordé une attention toute particulière au premier Black Sheep Wall, qu'on avait de mémoire qualifié pour sa part d'abstract-beatdown, une connerie comme ça, et qui était d'aileurs peut-être bien le premier - pourvu qu'on ne compte pas Will Haven, et considère, de façon assez facile à tenir, que Will Haven compte pour avant le franchissement d'un certain cran dans l'absurdité de la violence post-lourde. Quelque chose de réel se passait.

On ne va pas faire dans le révisionnisme jusqu'à verser dans la culture masochiste de la culpabilité, non, et prétendre qu'il n'y avait pas déjà un malaise, alors. Tant et si bien que sitôt qu'on est tombé par capillarité sur Admiral Angry, qui fournissait tout ce qui allait chez Black Sheep Wall, rien de ce qui n'allait pas - et quelques autres trucs sympas aussi, tu allais voir - il n'en a plus jamais été question, et plus jamais on n'alla faire les efforts qu'il fallait pour parvenir au bout d' I am God Songs sans lâcher une caisse histoire qu'il se passe quelque chose de sexy.

Aujourd'hui, dieu merci, le temps a passé, le parpaing-core aussi ; Monsieur Ruinegorge n'est plus chroniqueur, et sa propre maison d'édition a peu à peu bâti sa propre scène bien à lui, bien plus retorse, tout comme le hardcore, qui a poursuivi son affutage sans fin ; aujourd'hui, je dirais probablement toujours abstract-beatdown, mais plutôt pour l'absence de substance que pour suivre les suggestion de la pochette ; et si on a envie d'écouter un disque avec un son ridiculement "de bâtard", de type qui fait des cookies avec le bitume du tarmac - et tout brûlant cependant d'envie de faire du deltaplane dans les strates de l'émosphère avec son seul cœur d'idéaliste en bandoulière - le calendrier est vraiment une peau de vache, voyez : on a le nouveau Torche. Ou sinon, dans le doute, un bon vieux Deftones, et les symptômes devraient rapidement disparaître.


Si j'ai réécouté I am God Song récemment ? Rien que d'y penser, je me sens doucement motivé pour découvrir les premiers Cult of Luna, pour situer.

I am God Songs en trois mots : eau, du, bain


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