PRIMITIVE MAN - Home is Where the Hatred is
2015 · Relapse Records

Détails

Krokodil
le 12 février 2015 (736 lectures)

   Post hardcore Freak doom

Inutile de cacher sa déception quand elle est à la hauteur de ses attentes : le miracle n'a pas eu lieu, et quelque part, j'ai tendance à penser que le contexte ne lui était pas favorable. Car dans le registre des hardcore hybrides et pro-haineux, Home is Where the Hatred is avait en face de lui un autre enfant de putain capricieux et désireux de moissonner son petit monde, You, Whom I Have Always Hated. Mauvais pari, la faute à pas de chance, la loi du plus fort... Reste que la désillusion provoquée par ce premier est proportionnellement équivalente à la branlée infligée par le second. That said...

Il est vrai que les splits semblaient annoncer quelque chose de nettement plus intrusif, de plus viscéral, et pour le dire simplement : de plus varié. Et si l'on pouvait jadis - notamment sur les splits avec Hexis et Fister - admirer Primitive Man pour la méticulosité et l'obstination avec lesquelles il magnifiait l'inertie, faisant oeuvre de simples corps suspendus dans le formol, l'impression dominante aujourd'hui est celle d'un imperturbable surplace ; tout dans ce disque converge vers un point de fuite bien cadré et bien perceptible dès l'introduction : nos bonshommes montrent ainsi les limites et les faiblesses de leur démarche. 

D'hermétique on passe à symptomatique. D'exigeant on passe à évident. Normal me direz-vous, le mode opératoire ici touche à la perfection, il est limpide, cohérent, méthodique, rigoureux et ne laisse aucune place à l'imprévu, à l'aléatoire, à l'inédit. Face à une maîtrise si castratrice - entendez maîtrise des temps morts, des ruptures rythmiques, des temporalités de chaque séquence forte - les superbes et spectrales incursions Blut Aus Nordiennes n'y changeront rien, bien trop rares et trop courtes pour asseoir le malaise qu'elles amorcent timidement. Le naufrage sera évité de justesse par ce drone orgasmique final particulièrement... abyssal, et frustrant. 

Tout compte fait, c'est à l'image de l'ouroboros que Primitive Man poursuit son dessein, incapable de renouveler son propos, incapable d'enrichir ses compositions, incapable d'y insuffler quelque chose d'autre que ce que l'on connait déjà sur le bout des doigts, s'embourbant définitivement dans son noisecore ultra-lent, ultra-négatif et ultra-ce-que-tu-veux, comme l'on sombre dans un sable mouvant. 

Home is Where the Hatred is en trois mots : comme, une, impasse


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