[ SPLITS ] - Primitive Man / Fister split
2014 · A389

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Krokodil
le 06 décembre 2014 (1616 lectures)

   Sludgecore Post hardcore

Le split comme sport de combat ? Voil une ide aussi absurde que dplace. Combien de fois l'exercice s'est-il sold - tort - par une humiliation publique, ou par la mise mort du plus faible, comme dans toutes ces histoires de chane alimentaire ? Vous allez sans doute trouver a trs naf, et vous n'auriez pas compltement faux, mais un bon split n'est pas un ring sur lequel un groupe en clipse un autre ; un bon split, c'est comme un bon mariage, une bonne association, faut que a fonctionne dans les deux sens, pas besoin de dsigner un dominant, un domin ; on saluera plutt le travail d'quipe, la mise en commun des efforts ...
Alors certes, ils sont relativement rares, ces splits qui s'achvent sur un ex-aequo. D'autant plus rares que lorsque l'un d'eux unit deux groupes que l'on ne porte pas spcialement dans son coeur (et que le rsultat va bien au-del de ses esprances) il est de notre devoir de faire preuve de bonne foi et de droiture, et attribuer aux types la rcompense qu'ils mritent. Ceci n'est donc pas un Primitive Man Vs. Fister, mais bien la collaboration entre deux formations (dont nous avons dj soulign auparavant l'vidente parent sonore), marchant main dans la main vers le gouffre.

Concernant Primitive Man, depuis Scorn et ses splits successifs, vous vous doutez bien qu'on commence la connatre, la formule magique. L'ossature des compositions est toujours plus ou moins la mme - introduction ultra-morne, crescendo ultra-laid, sick-part ultra-terminale - et pour une fois avec eux, la systmatisation des choses ne vient pas desservir le propos (less is more, and more is good for your health), bien au contraire, comme dans toute oeuvre hritire des Abandon et Khanate (In Reality We Suffer et Clean Hands Go Foul prsentement), il n'y a pas de place pour la modration, et la vicissitude des choses, on l'tale comme on peut, et partout si possible. D'ailleurs, plutt que de parler d'auto-mimtisme, d'automatisme, voire de stagnation pure, envisageons la chose comme le modus operandi d'un bourreau s'affinant dans le temps : comme tout rituel tendant se parfaire, il n'y a rien d'tonnant voir Primitive Man livrer aujourd'hui du pur Primitive Man, limpide, cohrent, et compact.

Les Fisteurs ont quant eux fait de beaux progrs (le mot qui fait peur, quoi), en matire de concision - leur point faible, priori. En effet, ils sont enfin parvenus ordonner les choses, eux qui (comme Primitive Man, hein, ce n'est pas une simple concidence) sont plutt du genre avoir plein d'ides mais pas de trajectoire, et qui plutt que d'exploiter les bonnes s'vertuent toucher tout et donc rien. Le format split n'est videmment pas tranger cette russite, et cette ncessit de faire les choses de manire directe et frontale, sans temps mort. Consquence notable : le sickened est moins excessif, moins pnible, moins branleur crbral, pour le dire autrement, plus digeste. On ne va pas s'en plaindre.

Fait du hasard ou non, j'ai pris l'habitude d'couter le split en commenant par la prestation de Primitive Man. Je dois dire que d'un point de vue purement narratif, c'est vachement mieux ainsi, car Flail fait un trs beau gnrique de fin.

Primitive Man / Fister split en trois mots : nous, crverons, ensemble


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