OPHIS - Abhorrence in Opulence
2014 · Cyclone empire

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Derelictus
le 23 novembre 2014 (695 lectures)

   Doom death

Qu’il est agréable de trouver encore en 2014 des groupes qui pratiquent ce type de doom death metal, faisant un peu fi des tendances actuelles - non pas que j’y sois hostile, loin de là, je ne fais ici aucun procès d’intention -, en synthétisant ce qui s’est fait durant les années quatre vingt dix et les années deux mille. Ce troisième album des allemands d’Ophis n’est, ni plus, ni moins, qu’un bel exercice de genre et s’inscrit dans la lignée de Withered Shades, leur précédent opus. Evidemment, il n’y a rien de grandiloquent ni de renversant chez ce quatuor, mais les intentions restent toujours aussi efficientes, et la qualité des compositions ainsi que celle de l’écriture sont évidentes sur ces cinq titres, pour une heure de musique. Qui plus est, cela nous renvoie tantôt à la version forestière et mal dégrossie d’un My Dying Bride qui aurait lu Cioran à la place de Milton, parfois à un Ceremonium version automnale, et également aux débuts d’Ataraxie, mais en version saine d’esprit, et à un Indesinence qui ne joue pas la montre. D’ailleurs, je trouve que les teutons ont réussi là où les anglais ont échoué depuis Neptunian, à savoir nous happer dans d’excellentes montées en puissance, qui ne durent pas des plombes, avant de lâcher furieusement la bride dans des cavalcades en double croche. C’est en partie cette facette qui séduit le plus sur cet album et qui prend vraiment sens au sein de chaque titre. Pour le reste, le cahier des charges est on ne peut plus respecté à la lettre, entre riffs serpentants, passages aux sons clairs, growls monolithiques enfouis dans un peu de réverbération, quelques leads majestueuses, et même des violons pour rappeler leur attachement à Goethe. Ophis, c’est un peut tout ça, quelque chose de rugueux, parfois méandreux, parfois alertes, mais qui derrière des atours austères sait aussi se faire un peu larmoyant. C’est un peu l’élève bosseur qui se cache dans les rangs du milieu, sans chahuter, mais sans non plus se mettre en avant, et qu’on se surprend à chaque fin de trimestre à se dire qu’il fait lui aussi parti de cette classe turbulente.

Abhorrence in Opulence en trois mots : gnrique, efficace, scolaire


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