gulo gulo
le 19 novembre 2014 (900 lectures)

   Funeral doom Sludgecore Post hardcore

"Très bien, les petits neveux de Verdun ; mais qu'ils passent leur bachot, d'abord". C'est la formule, pétrie d'autant de condescendance bienveillante que d'authentique admiration pour le sincère enthousiasme que les Mudbath mettaient à jouer, sur les scènes où je les voyais, leur musique si bien balisée (stoner doom très sludgey), dans laquelle, claironnant à l'envi, j'aimais à me résumer tout ce que j'avais à penser de Mudbath. Si jamais il fallait que ce fût un jour formalisé, autant que ce soit le jour où ils m'en font rendre gorge d'humiliante façon, ce que je fais toujours avec un plaisir non dissimulé.
Jouent-ils toujours le même genre ultra-codifié mais avec une très logique et attendue nouvelle maturité ? Même pas. Leur voile, ce me semble, a pris le vent d'une chose tout aussi typique de l'air du temps, mais aussi de leurs fréquentations dans les petits cercles quasi-familiaux de la scène - nommément, ce truc qu'un jour il faudra bien cesser de chercher à qualifier de hardcore tout en s'échinant à y quantifier la part de black metal, sans même parler de l'hypothétique légitimité et crédibilité d'icelle : sur le sujet, tout est dit dans l'entretien que Pornography a donné à notre confrère de Thrashocore ; et ce qui pouvait rester à en dire est justement suppléé par l'exemple de jeunes tels que Deuil ou Mudbath, qui ne s'embarrassent d'aucune démonstration de sérieux, de dureté à la cuisson, de pureté et de tourmentitude de la vie - toutes choses bien superflues lorsqu'on couve un tel feu, une telle envie, bien plus admirable du reste que n'importe quel déterminisme.
Les choses à partir de là se font toutes seules ; et la musique de parler de même. Et, dans une remarquable évidence, les morceaux de se mettre à exhaler une aura où affleure autant d'Ataraxie que d'Amenra, sans prévenir, dans les espaces par lesquels cette musique s'offre limpide, candide, à l'écoute, chaque note et chaque choix s'exprimant clair et sans honte, même lorsqu'ils confinent à l'ingénu, la production de Mouffi (la famille, on vous dit...) éclairant serviablement cette sensibilité à fleur de peau, digne des plus grandiloquents, massifs et diluviens groupe de post-machin screamoïde (Buried Inside, quoi), mais en en faisant quelque chose d'intime, de presque paradoxalement réservé, mesuré en tous les cas, précis, acéré... oui, c'est bien d'Ataraxie qu'il s'agit dans cette façon maniaque et calme de se sortir et disséquer les viscères, au moins autant que de la majesté du dernier Monarch!, dans la solennité fruste qui est mise à la tâche. Majesté, cruauté, impudeur : les mamelles du doom qui se respecte. Et au milieu de cette nudité juvénile et effrontée, le petit solo à la El Wiz rescapé, vers la conclusion du disque, vous y prend d'un coup de ces couleurs à couper le souffle...
Ce n'est pourtant pas le seul orgasme doom que ces jeunes enfants de Saturne vous feront jovialement partager pendant Corrado Zeller. Oui, très bien, les petits neveux ; Verdun peuvent commencer à se faire sérieusement des cheveux - et à se magner le derrière.

Corrado Zeller en trois mots : dans, le, noir


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