Derelictus
le 29 octobre 2014 (848 lectures)

   Traditional doom

Comment peut-on rater un album de doom metal, même lorsque l’on est un vétéran du style? Ce C.O.D., - pour Children Of Doom et un non un terme grammatical de la langue de Molière -, sixième album de Saint Vitus, est sans doute le plus bel exemple d’une stratégie de l’échec. Déjà, vous commencez par une erreur de casting pour le poste de chanteur. Après le départ fracassant de Wino, Dave Chandler et ses acolytes ont porté leur dévolu sur Christian Linderson, débauché de Count Raven, soit le Graham Bonnet du doom metal. Il n’était déjà pas exceptionnel dans son précédent groupe même s’il n’y dénotait guère, mais ici, il apparait complètement à côté de la plaque et, déjà, fatigué, d’autant plus lorsqu’il essaie de singer ses prédécesseurs. Il faut dire qu’il n’a pas vraiment été aidé par la qualité des compositions de ses nouveaux acolytes. Dave Chandler ne s’est pas trop foulé, avec une impression de pilotage automatique sur l’entièreté de ce disque, il nous ressert même "Imagination Man" datant de l’époque Tyrant et une inutile version de "Hallows Victim". Certes, l’on pourra me rétorquer que Saint Vitus, d’un album à un autre, c’est peu ou prou la même chose et en cela j’approuve totalement. Néanmoins, ici la sauce ne prend pas, il manque vraiment ce soupçon d’inspiration qui faisait la différence auparavant. Même la production, pour une fois correcte dans l’histoire du groupe, manque tout de même de relief et aseptise le son de guitare. Pareillement, les soli et les gimmicks de D.C Vitus - c’est son blaze sur cet opus - en deviennent fortement agaçants, ils dissonent tellement par moment que c’est à se demander s’il s’était réellement accordé au moment de les enregistrer. Et pourtant, il y a quelques bonnes idées sur cet opus, comme sur "Shadow of Sekeleton" ou "Plague of Man", mais là, c’est le chant qui vient tout gâcher. La palme du plantage revient au titre "Get Away", symptomatique à lui seul du contenu de ce Children Of Doom, sa seconde partie n’étant ni plus ni moins que du remplissage, voire vidage de la fosse septique avec des titres comme "Bela" et "A Timeless Tale". Le seul bon point sur cet opus, c’est le côté cynique du groupe remerciant son label pour l’argent donné pour l’enregistrement de ce disque, sans doute bien bâclé, l’on comprend mieux pourquoi ce dernier a fait faillite avec de tels disques Bref, il n’y a pas grand chose à sauver sur cet opus, même la photo sur la jaquette arrière du disque est moche.

C.O.D en trois mots : canulant, obtus, dfaillant


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