gulo gulo
le 07 octobre 2014 (660 lectures)

   Industriel

Le disque rock de Godflesh ; le disque de Godflesh avec un batteur. Le disque sur lequel s'est acheve la premire vie de Godflesh. Le disque qui s'achevait sur un morceau intitul "Jesu", lequel tait pourtant l'un des profils-types de morceau de Godflesh qui donnent le plus envie de se prosterner - selon la figure dite du tas de petit bois... avant de se poursuivre en piste fantme sur le premier morceau de Jesu, en effet, de faon plus nette que les rgulires fin d'albums clestes accoutumes. On peut en dire des trucs vidents sur Hymns.
Mais ce qui me semble plus vident, du genre tellement qu'on ne le remarque pas chaque fois, comme la plupart des inspirations qu'on prend, c'est que c'est un peu l'album o Godflesh concluait sa carrire sur un retour la source - soit Killing Joke, quoi d'autre ?
Ils en reprenaient l'poque volontiers "Requiem" sur scne, d'ailleurs celle des fois o j'y tais, le bassiste qui les accompagnait s'appelait Paul Raven, paix son me malodorante. Et la famille de riffs o Godflesh pioche, dans son patrimoine, pour Hymns, est celle des lumineux et farouches chiens errants qui portent firement leur btardise hrite en droite ligne du premier Killing Joke, et de "Requiem" en particulier. Excusez-moi pendant que je dborde d'allgresse, mais c'est, srement autant que le groove breakbeat et les riffs concasser l'humanit par citernes entires, l'une des choses o pour ma part j'identifie le plus vivement et aigu ce qui constitue Godflesh. Le haltement fivreux de cette grande tige inquite tandis qu'il avale goulument, perdument, extatiquement le ciel entier et ses essaims de limaille vibrionnante - traduit en une srie de riffs dont le seul vague parent connu, hors donc le groupe Coleman, est Occupational Hazard d'Unsane, qui partage un peu de ce got pour l'affutage de la pelle sur le bitume dans la lumire d'tain du matin frais, et l'enfantine griserie que ce chant tranchant et ces tincelles suscitent dans un cur avide. Le coup de pelle dans la tte, peu importe de la vtre ou de l'autre. Quant moi c'est couter ce disque que je comprends le mieux qu'un morceau de Godflesh ait pris son titre chez Bukowski. Une histoire de loqueteux et de jour douloureux.
D'ailleurs en fait Godflesh c'est trs simple : le punk, et le hip-hop ; souvent les deux en mme temps, jamais dans la mme forme de symbiose. Au dtail prs d'un lger dficit en metal, Hymns pourrait tre quasiment le mme disque que Selfless, auquel la pochette n'est pas seule faire des renvois - et pourtant pas du tout. C'est chouette, a fait deux disques indispensables au lieu d'un.

Hymns en trois mots : en, tle, brute


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