GODFLESH - A World Lit Only by Fire
2014 · Avalanche

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gulo gulo
le 04 octobre 2014 (915 lectures)

   Industriel Hardcore

On va aller directement au cur de la question, hein : a rglera du mme coup celle des riffs et celle du son ; puis cest facile : cest toujours la mme. Celle de la sincrit. Oh, mme pas la sincrit de leur prsence ici maintenant parmi nous nouveau, il nest pas sale de payer ses factures, ou de faire ce quon a toujours le mieux su faire. Mais celle, trs circonscrite, lexigence somme toute limite dans le temps si non en densit, du moment o lon joue ; et o, traitez moi de naf votre guise, il nexiste aucune drobade ou dissimulation.
Car on nchappera videmment pas ici la comparaison avec Motrhead je pourrais prendre AC/DC ou Slayer, mais cest toujours plus imparable avec Motrhead. Et encore serai-je bien clment de ce faire, puisque Godflesh na navait jamais fait profession de jouer dans la catgorie des fiers stagnants ; plutt de celle des bouillonnants qui se rinventent chaque fois. Motrhead aussi a chang de son, plusieurs fois, pour, presque comme un artiste de varits en somme, mieux coller lair du temps, disons ne pas sonner comme lanctre et en tant que tel ne pas mme tre cout par les oreilles trop vertes. Ils nen avaient pas besoin, mais ils lont fait, tout comme Godflesh aujourdhui fait, avec cette production dite "de btard", aussi affolante (je ne suis pas peine--jouir, figurez vous) que superftatoire si lon considre limpact quauraient indubitablement eu de nouveaux morceaux avec une production aussi typique et "date" que la pochette de Decline & Fall ; de mme, si vous voulez, qu Overkill, sortant aujourdhui lidentique, rglerait instantanment la question de lalbum de lanne pour les dix dernires annes.
Motrhead non plus nont pas chang de riffs souvent bichette ! ils jouent du boogie ! Va-t-en donc trouver de nouveaux riffs Est-ce que cela a pos un problme tant que les dits trs dnombrables riffs taient jous comme sils venaient dtre forgs, encore brlants du feu de la fiert auquel ils lavaient t (c'est--dire pas comme sur We Are ou sur The Wrld is Yours) ?
Le problme est l. Justin fait ce qui est attendu de lui, parce quil ne sait plus ce quil veut faire : parce quil a perdu peu peu le fil de ce quil voulait accomplir avec Jesu, malgr ce quil peut en dire, et que mme les plus indulgents comme bibi qui ont trouv leur plaisir dans Infinity et Ascension ny arrivent plus, quil est paum au milieu de nulle part, que Greymachine na jamais convaincu personne comme nouvelle incarnation de sa facette abrasive et totalitaire, et que JKFlesh na jamais non plus fait avaler sa synthse de tous les courants broadrickiens brutaux, et fait oublier les glorieux passs ni de Godflesh ni de Techno Animal. Alors il revient tout penaud et perplexe ses zlateurs, qui lui faisaient vaguement embarras voici encore quelques annes, quter un peu damour, se faire voter la confiance. Je ne le dis pas parce que cest ce que je pressentais du disque, je ladmets sans mal : je le dis parce que cest ce quon entend ; dans ces riffs qui sappliquent sonner Godflesh, en surlignant juste un peu au passage ce que leur doit la nouvelle scne (ils ont raison, a conomise un peu les cordes) de tous ceux des zlateurs qui ont pris une guitare ; mais surtout dans la congestion enroue pathtique dune voix de quarantenaire qui va finalement courir, aprs des mois datermoiement, un beau samedi matin huit heures, et passe un des pires moments de sa vie dadulte responsable, quil vit jusqu la lie parce qu quarante ans on ne change pas davis tous les cent mtres. Rsultat, la performance na pas mme la prestance rugueuse et gauche de celle de Lou Koller chez Blood from the Soul, pour comparer ce qui est comparable cest mme une des raisons qui font de "Shut me down" un des gros temps forts du disque : le peu de parties chantes pour venir gcher un putain de groove et on a limpression de regarder un vieux trbucher et galrer dans un pit. Cest un peu triste.

Voil. On admettra (ou pas, mais a soyons francs, je men carre) que ce devait tre dit pour tre serein face ce disque. Car bien sr, on en doute assez peu, Justin K. Broadrick nest pas encore tout fait sec quarante ans passs, on a moins de temps pour faire des erreurs, et on ne fait pas de tels choix sans avoir un peu pes la question et ses relles aptitudes. Et dans le primtre de scurit o il est revenu, il est en vrit en sret. La fameuse foutue lgende ne sest pas btie sur du vent ou sur des clics, et mme des riffs recycls sans trop de scrupules nont pas beaucoup forcer pour rappeler aux colonnes vertbrales comment lon se disloque, et se fait pareilles un chapelet dandouilles pendouillant au crochet. Je reconnatrai mme volontiers, puisque je suis lhonntet incarne, quil se trouve ici deux voire trois morceaux (vous en voulez du compte dapothicaire ? Shut me down, Obeyed, Carrion, et un quon verra plus tard) presque enthousiasmants sans rserves aucunes au milieu de ce dpotoir venteux o rouillent comme on lzarde une tribu de bonnes ides, quelque part entre Selfless et Songs of Love and Hate au milieu dune autre qui semble concilier les dfauts dHymns et ceux dUs and Them, plutt que leurs qualits, allons bon ; puis lorsquon commence chercher les bonnes ides dans un album de Godflesh, cest quy a un louche.
Cest trop peu. Parce quon aime Justin comme un de ses plus vieux potes, parce quon est tout sauf blas, quon a jamais cess desprer un tantinet plus de sa part surtout aprs ce temps sans se voir, quun album qui fait le boulot, quand bien mme on finira sans coup frir par trouver de solides charmes de rti de la veille des choses telles que Life giver life taker ou Curse us all ; et parce que plusieurs moments sourdement sinistres (il faut bien que toute cette rigidit snescente la fin serve) pendant cet album au titre aussi ankylos que le quarantenaire de tantt, et une science rythmique dominatrice intacte, prouvent de faon accablante pour le prvenu que lon esprait espre - bon droit. Forgive our Fathers, merde !

A World Lit Only by Fire en trois mots : rien, de, grave


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